Boni Yayi évoque les défis post-Covid-19 sur le continent africain – Benin Web TV

Pour l’ex-chef d’Etat béninois, le cas du SIDA pour lequel le vaccin n’est toujours pas disponible depuis près de trente ans (30 ans), avec près de 10 millions de victimes concentrées en Afrique à cause des mutations non maîtrisables de ce virus auquel est exposée notre jeunesse, donne lieu à des inquiétudes dans le milieu scientifique, s’agissant même du COVID-19.

Pour Boni Yayi, beaucoup de choses sont en cours sur les autres continents pour notamment faire vacciner surtout les personnes les plus exposées. L’Afrique doit également se mettre au pas dans le cadre des efforts pour préserver les siens.

Quid de l’Afrique, de ses perspectives de financement, des défis sociaux de COVID-19 et autres pandémies?

Le contexte actuel, selon la publication de Boni Yayi, sera marqué par la priorité à l’Occident qui compte plus de morts, et les moyens ne manqueront pas, tant dans l’organisation que dans le financement du traitement et de la relance économique d’après COVID-19.

C’est ce qu’a compris l’Union Africaine lorsqu’elle lance un SOS pour la prise en compte de l’Afrique et des pays pauvres du reste du monde dans cette question des défis post-Covid-19.

L’approvisionnement de l’Afrique en vaccins se fera après des éclaircies en Occident, en dépit des assurances données par l’OMS et les Nations Unies, alors que le développement des transports rapproche davantage, plus que par le passé, l’Occident de l’Afrique, fait remarquer Boni Yayi.

Le risque de propagation du virus demeure en Afrique. L’inquiétude demeure, car comparaison n’est pas raison. La fièvre espagnole des années 1918/1919 a tué plus de 50 millions d’Occidentaux. Si l’Afrique a été totalement épargnée, ceci était dû à l’absence des transports à l’époque, alors qu’aujourd’hui, notre planète est devenue un hameau par le développement des transports, précise-t-il.

Pour lui, si l’économie occidentale ne se redresse pas, l’Afrique doit attendre. Aussi, compte tenu de tout ce qui précède, l’intégration économique et la zone de libre-échange continentale doivent être des leviers pour booster la production, et créer les conditions de la modernisation du système éducatif, technique, de formation, de recherche – développement, de recherches technologiques scientifiques, de l’économie d’intelligence et des NTIC.

La rupture de notre gouvernance sanitaire, en termes de conscience, de pédagogie de personnel médical de science et d’infrastructures hospitalières de laboratoires est inévitable, prévient l’ancien chef d’Etat.

Si nous considérons prioritaire, la nécessité de mieux maîtriser les techniques d’intégration financière et de mobilisation de notre épargne, en mettant fin au blanchiment de capitaux vers les paradis fiscaux, nous devons en finir avec le mimétisme qui nous bloque dans la gestion de nos banques centrales, insiste l’ancien président.

A l’en croire, il n’y a aucun doute qu’en cette période de crise, les partenaires du reste du monde ont eu recours à la planche à billets, selon leurs techniques pour gérer ce début de relance économique au profit des ménages, des collectivités locales, des entreprises, des PME et au profit des Etats, par des techniques mieux maîtrisées.

La maîtrise des techniques de l’inclusion financière est tout aussi importante, indique-t-il, tout en précisant qu’il y a lieu de saluer les efforts, les innovations financières et monétaires en Afrique.

Mais l’urgence, selon lui, est d’aller plus loin pour prendre en compte les défis contemporains qui s’imposent (ODD, vision Afrique 2063, changement climatique, emplois des jeunes).

Il préconise aussi la rupture avec le modèle africain de consommation et de production et qui doit pouvoir nous guider pour oser accroître les moyens monétaires et de crédit à la disposition des agents économiques, créateurs d’emplois tout en préservant la corrélation.

Pour Boni Yayi, nos partenariats doivent prendre en compte les priorités de la transformation structurelle de nos sociétés.

« Sortons de la logique de la gouvernance de nos banques centrales centrées prioritairement sur la lutte contre l’inflation et accélérons notre rythme au profit du renforcement et de la diversification de nos structures économiques et de nos programmes de relances économiques régionales et continentales.« , recommande-t-il.

L’urgence, selon lui, est la prise en compte de la demande sociale : l’alimentation et l’emploi, notre système éducatif et sanitaire, le logement et l’habillement, en adéquation avec notre culture.

Ce qui, à son avis, nécessite une véritable mutation des innovations en matière de gouvernance et d’intégration de la monnaie centrale et de nos systèmes financiers et monétaires sur un continent en quête de démocratie, de respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, de paix, de stabilité, de sécurité de tous et de prospérité partagée.

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