Au cœur de La Médina de Fès, haut lieu de culture, d’histoire et de spiritualité – APS

Dans ce bloc compact en apparence, les maisons souvent accolées les unes aux autres ne paient pas de mine. Sous des apparences trompeuses, les demeures appelées également Riad (maisons d’hôtes) cachent, en réalité, des trésors à l’image du Riad Karawan et sa suite africaine.

La vielle ville offre plusieurs joyaux aux visiteurs pour une remontée dans le temps à travers les ruelles pavées qu’on ne parcourt qu’à pied. Sous l’œil vigilant de la police touristique, Abdel Khadir peut désigner ‘’un endroit important pour la ville’’, un four à pain.

‘’C’est un four public. C’est ici que les familles paient pour faire cuire leur pain. Chaque famille amène sa farine et elle est cuite ici. Le pain est un aliment est très important pour les familles’’, explique l’homme de 71 ans, avant de poursuivre cette randonnée en empruntant un escalier menant à une boutique qui surplombe les tanneries de la Médina.

De cette hauteur, on peut admirer cette tannerie qui se compose de nombreuses fosses remplies de couleurs variées où sont traitées les peaux pour la production artisanale de cuir de mouton, bœuf ou de chèvre. ‘’Ce sont les tanneries marocaines connues du monde entier. On y travaille de père en fils’’, selon Abdel Khadir.

Ce cuir servira à fabriquer des selles, des babouches, des sacs, etc. Même de la fiente de pigeon intervient dans le traitement des peaux, ce qui fait dire à un responsable d’une boutique de produits en cuir, Ahmed, sous le ton de l’humour, ‘’ce n’est pas coco chanel, mais caca chanel !’’.

Au cœur de cette Médina, le savoir-faire artisanal ancestral est perpétué par les spécialistes du tissage, les artisans du cuivre, les potiers, les forgerons, les fabricants de babouches, les vendeurs d’épices, de fruits, etc.

La Médina abrite aussi de nombreux lieux spirituels dont le Mausolée Moulay Idriss II, le fondateur de la ville de Fès qui vécut de 807 à 828. Construit au Xe siècle, puis rénové plusieurs fois, ce mausolée qui s’étend sur 2548 mètres carrés, est communément appelé ‘’la zaouïa Moulay Idriss’’.

Autre endroit qui respire la spiritualité de Fès, la Mosquée El Qaraouiyin, fondée en 857 par Fatima El Fihiri, une pieuse originaire de la ville de Kairawan (Quairouan) en Tunisie. Elle peut rassembler jusqu’à 20 000 fidèles.

L’université El Qaraouiyin considérée comme l’une des plus anciennes au monde, créé avant celles de Bologne (Italie), d’Oxford (Grande Bretagne) et de La Sorbonne (France).

Non loin de la grande Mosquée El Qaraouiyin se trouve la zaouïa Cheikh Ahmed Tijani, fondateur de la confrérie tijanya, né à Aïn Madhi (Algérie) en 1150 de l’Hégire.

L’édifice restauré plusieurs fois notamment en 1302, 1307 et 1316 de l’Hégire, demeure discrète dans son apparence extérieure. Les récents travaux de restauration ont eu lieu entre 1999 et 2006.

Equipés de latrines et de bassins pour les ablutions, la zaouïa a un plafond constitué de près de 30 coupoles en bois ciselé, des murs en zellige, le sol recouvert de tapis.

Voie soufie, la tidjanya repose sur les enseignements du Coran et de la tradition prophétique, la Sunna. Elle préconise l’invocation continuelle de Dieu, la bénédiction de son prophète, la récitation du Coran, l’accomplissement des prières en groupe.

Les disciples de la tidianya viennent de nombreux pays d’Afrique de l’ouest dont le Sénégal. Ce jeudi, 17 décembre 2020, une centaine de pèlerins sénégalais hommes et femmes effectuent leur ziara au mausolée Cheikh Ahmed Tidjani grâce à une autorisation exceptionnelle accordée par les autorités du Royaume chérifien.

Ce voyage des pèlerins est le fruit d’un partenariat entre l’Office national marocain du tourisme (OMNT) à travers son représentant au Sénégal et dans toute l’Afrique, la Royale Air Maroc et un regroupement de voyagistes dénommé ‘’Consortium ziara Fès’’.

Après l’accomplissement des rites, la délégation de voyagistes a rencontré le Wali de la région Fés-Méknès, Saïd Zniber, entouré des responsables du Conseil régional du tourisme (CRT).

Le président délégué du CRT de Fès-Méknès, Mhamed Yassir Jawar, qui s’est réjoui de ce pèlerinage, fruit de la coopération entre les agences de voyage sénégalaises et leurs homologues marocaines ‘’pour inviter le maximum d’adeptes de la tariqa tidianya’’ à venir dans la ‘’cité millénaire’’ de Fès.

La Médina a été réhabilitée par le Roi Mohamed VI, a souligné le président délégué du CRT, relevant aussi l’instauration d’un ‘’label welcome safy’’ dans les hôtels et lieux d’hébergement dans le cadre de la lutte contre la pandémie de la Covid-19.

Pour la promotion du tourisme religieux, le CRT a également initié, selon lui, le label ‘’ziyarates Fès’’, un concept qui permet aux pèlerins de loger l’habitant. Dans ce cadre, 30 maisons labellisés peuvent accueillir des pèlerins qui vont habiter non loin de la zaouïa durant leur séjour.

La ville de Fès est aussi connue pour une série d’activités culturelles dont le festival de la culture soufie, le festival des musiques sacrées du monde.

Le parcours de visites proposé par le Conseil régional du tourisme symbolise une ville qui garde les trésors hérités de son histoire, mais aussi résolument ancrée dans la modernité et tournée vers l’avenir.

OID/AKS

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