« Sans l’Afrique, la Francophonie disparaîtrait ! » estime Jean-Louis Roy – ADIAC Congo


L’ancien patron de la Francophonie note des « inerties fortes » voire « une utilité limitée » de l’Organisation, qui a « du mal à se situer dans les changements du monde », menant deux grands dossiers actuellement, dont la création d’un espace pour les jeunes – en Afrique, par exemple, et la possibilité de créer une grand institut du numérique, un monde où l’économie, l’éducation, la santé, la gouvernance « se déplacent à grande vitesse par des formules numériques qui semblent miraculeuses mais qui ont une vraie force. L’OIF suit ce mouvement mais petitent, avec un manque d’ambition évident ».

L’ancien secrétaire de l’OIF, rappelle que la langue française n’appartient pas à la France mais à tous ceux qui la parlent, et « des problèmes internes majeurs » de la France quit tente de reconstruire l’Europe, « tâche complexe et indispensable, tout en maintenant ce lien important avec la Francophonie ». Pour Jean-Louis Roy, « la France est le centre d’une Francophonie qui n’a pas de centre ». Après le cycle politique sous Abdou Diouf, il invite l’Organisation à investir dans l’éducation, un problème qu’il considère culturel, qui va aider des jeunes africains à apprendre le français à l’école.

A en croire Jean-Louis Roy, les trois plus grandes communautés d’internautes seront à la fin du siècle la Chine, l’Inde et l’Afrique.

« L’Afrique est en crise depuis trois siècles, depuis qu’on est venu la déstructurer. Elle cherche à se restructurer, ce qui est long et compliqué », a déclaré Jean-Louis Roy. Ajoutant : « pour les Africains, réussir dans le prochain ¼ de siècle est un immense travail et nous sommes quelques-uns à croire que ce travail est en train de se faire même s’il ne se voit pas et n’avance pas au même rythme partout ». Il souligne que les jeunes africains y croient et s’accrochent. « C’est compliqué de sortir du sous-développement dans lequel on a installé le continent, mais des gens y croient et y travaillent », rappelle-t-il.

Covid-19 : « les Occidentaux ont dit n’importe quoi sur l’Afrique »

Dans la pandémie actuelle, « les Occidentaux ont dit, comme souvent, n’importe quoi sur l’Afrique », regrette Jean-Louis Roy, notant que la pandémie n’a pas pris des proportions annoncées et les gouvernements ont pris des décisions qui ont permis à certains de s’en sortir. « Je peux vous renvoyer la question, qu’est-ce que réussir ? Est-ce répondre aux diktats de l’Occident ? », s’exlame-t-il.

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