Les Suisses restent très friands de culture – Swissinfo.ch

Cette stabilité s’accompagne d’une forte progression de l’offre numérique, note l’OFS. En musique, c’est la révolution des supports sonores qui se renforce. On observe ainsi un recul notable des CD/DVD, qui passent de 74% en 2014 à 53% en 2019. Au profit de l’écoute sur téléphone mobile, qui fait un bond de 45% à 64%. La radio et la télévision restent en tête avec 89%.

Dans le domaine du livre, la part des personnes qui lisent sur des supports électroniques a sensiblement augmenté, passant de 15% en 2014 à 25% l’an dernier. Le profil de ces lecteurs a évolué par rapport à la première enquête. Désormais, tant les femmes que les hommes s’adonnent aux liseuses ou tablettes, ainsi que toutes les tranches d’âge de moins de 60 ans.

« La numérisation et les nouveaux modes d’accès à la culture constituent un défi majeur à relever pour les institutions culturelles dans les prochaines années », relève à ce propos l’OFS. La crise du Covid a encore renforcé cette tendance.

Obstacles

Sans surprise, les résultats de l’enquête de 2019 démontrent que l’accès et la participation à la vie culturelle continuent à dépendre fortement de facteurs sociodémographiques. Et notamment du niveau de formation, du revenu et de l’origine.

Outre le manque de temps (50% des personnes interrogées), un tiers indique le manque d’argent comme obstacle à la fréquentation des lieux culturels; 23% disent ne pas se sentir à leur place dans ces lieux, notamment les personnes dont le niveau de formation est modeste et celles qui ont des moyens financiers limités. Quelque 29% évoquent aussi un manque d’intérêt.

Les distances à parcourir posent en outre un problème à plus d’un quart des personnes (26%). Les chiffres montrent que les « entreprises culturelles » sont présentes surtout dans les zones urbaines, à 75%. Contre seulement 10% en zone rurale et 15% dans les zones intermédiaires.

« Amateurs assidus »

Les Suisses ne se contentent pas de consommer de la culture, ils la pratiquent également. Comme en 2014, 65% de la population exerçait une activité culturelle en « amateur assidu ». La photographie reste en tête (25%), devant le dessin et la peinture (21%), le chant (21%) ou la pratique d’un instrument (18%). Les blogs, le théâtre amateur ou le rap sont plus confidentiels (moins de 5%).

Comme pour la consommation, la situation financière des personnes demeure un facteur fondamental de la pratique culturelle. Ainsi, parmi les ménages à bas revenu, 11% seulement des sondés font de la musique, contre environ 22% dans les ménages à haut revenu.

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