Parution : Le siècle de Labrouste : un élève, un ami, un maître – Carnet de la Bibliothèque nationale de France

Au cours de deux plans triennaux de la recherche successifs, le département des Estampes et de la photographie de la BnF a mené un important chantier de mise en valeur de ses fonds d’architectes français du XIXe siècle. Un premier programme s’est attaché en particulier au traitement des fonds des architectes Henri Labrouste, Jacques-Denis Antoine et Paul Abadie : restauration et microfilmage partiels en particulier pour les grands formats et certains calques très fragiles. Mais une bonne partie de ces fonds restait à inventorier, conditionner, restaurer, et décrire.

Dans la perspective du Projet Richelieu , un programme fut spécifiquement consacré à la personnalité d’Henri Labrouste (1801-1875), architecte de la Bibliothèque nationale de 1854 à 1875. Il a permis de classer et inventorier (dessins, manuscrits, objets, etc.) entièrement ce fonds d’une richesse unique, comme cela peut être constaté grâce à la numérisation opérée pour la bibliothèque numérique Gallica .

Après la publication de l’ouvrage portant sur le quadrilatère Richelieu. Quatre siècles d’histoire architecturale au cœur de Paris en 2017, paraissent désormais les actes du colloque Henri Labrouste et son temps que la BnF avait consacré à l’architecte.

Elle est l’oeuvre de Marc Le Cœur, qui menait les programmes mentionnés sous la direction de Corinne Le Bitouzé, et de Jean-Philippe Garric.

Argument

Auteur de deux réalisations magistrales, la bibliothèque Sainte-Geneviève et la Bibliothèque nationale, Henri Labrouste (1801-1875) présente à la fois l’image d’un enfant prodige du système – pensionnaire de la villa Médicis, chef d’atelier, puis membre de l’Institut – et celle d’un artiste en marge, introverti et indocile. Si l’historiographie a parfois souligné leur portée novatrice, notamment dans l’emploi qu’il fit du métal, sa démarche et son œuvre s’enracinent pourtant dans son siècle, que l’architecte semble avoir traversé en trois temps : à l’École, puis à Rome, il est d’abord Labrouste jeune, au mitan de son parcours, il gagne un prénom, orthographié parfois « Henry », enfin, dans ses dernières années, son nom seul suffit à le désigner. Ce livre reflète ces trois grandes séquences, qui impliquent aussi trois générations successives : celle de ses maîtres, architectes d’un autre siècle qui, de Charles Percier à Antoine Laurent Thomas Vaudoyer, portèrent l’architecture Beaux-Arts sur les fonts baptismaux, celle de ses condisciples et de ses compagnons, souvent qualifiée de « génération romantique », celle, enfin, de ses nombreux élèves et de ses enfants, qui connaîtront les développements du béton armé et les prémices des mouvements modernes. De sorte que, des années 1780, où se dessine la gloire de ses aînés, jusqu’à la fin des années 1920, où sa fille publie ses « souvenirs » et parachève sa légende, les essais réunis ici inscrivent l’architecte dans un très long XIXe siècle, mais aussi dans un paradoxe. Labrouste, considéré à juste titre comme l’un des enfants les plus audacieux des Beaux-Arts, y apparaît moins comme une figure singulière que comme le fil conducteur d’une histoire qui lie les derniers feux de l’Académie royale d’architecture aux élans de l’entre-deux-guerres.

Essais de Corinne Bélier, Martin Bressani, Hervé Doucet, Fabienne Doulat, Jean-Philippe Garric, Ralph Ghoche, Marie-Agnès Gilot, Marc Grignon, Guy Lambert, Marc Le Cœur, Sigrid de Jong, Natacha Lubtchansky, Caroline Soppelsa & Estelle Thibault.

Sommaire

Introduction

Un élève, un ami, un maître, par Jean-Philippe Garric et Marc Le Cœur

Les années de formation

De maître à élève : Augustin Nicolas Caristie et Henri Labrouste. Correspondance, 1822-1826, pat Marie-Agnès Gilot Henri Labrouste, l’Étrusque. De l’Antiquité rêvée à l’archéologie, par Natacha Lubtchansky Le progrès vers le primitif : le mémoire de Labrouste sur Paestum en perspective, par Sigrid de Jong Le monument à La Pérouse : Labrouste et le topos d’un tombeau face à la mer, par Jean-Philippe Garric

L’œuvre dans son époque

Labrouste et la prison, par Caroline Soppelsa « Que nos constructions conservent le caractère d’étais ». Labrouste, architecte attaché à la Commission des monuments historiques, par Corinne Bélier Le monument funéraire comme paradigme du rapport au passé chez Labrouste, par Martin Bressani et Marc Grignon Guillaume Abel Blouet et Labrouste, regards croisés, par Fabienne Doulat « Un art nouveau complet ». On Simon Claude Constant-Dufeux’s Project for a Chamber of Deputies, par Ralph Ghoche

Labrouste en partage

« Mon cher maître et ami… » Parcours croisés de Labrouste et de ses élèves, par Marc Le Cœur Entre Labrouste et Viollet-le-Duc, Gustave Klotz architecte de l’œuvre Notre-Dame à Strasbourg, par Hervé Doucet Labrouste dans la généalogie des maîtres. Voies divergentes du rationalisme et conflits de mémoire académique dans la rénovation de l’enseignement de l’architecture à la fin du XIXe siècle, par Guy Lambert Le rationalisme des enfants de Labrouste, par Estelle Thibault Chronologie Bibliographie Index nominum

Information pratiques

Le Siècle de Labrouste. Un élève, un ami, un maître , Dir. Jean-Philippe Garric, Marc Le Cœur Paris : Éditions des Cendres, 2020 1 vol. (284 p.) : ill. ; 24 cm ISBN 978-2-86742-297-3 Prix : 42 €

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