FAIT DU JOUR Que se passe-t-il au musée quand il n’y a plus de visiteur ? – Objectif Gard

On remet le site Internet à jour. Les prochaines expositions temporaires se préparent car nous devons travailler plusieurs mois en amont afin de les préparer. On essaie d’avancer en prenant… du recul.  » La première exposition temporaire (L’empereur romain, un mortel parmi les dieux, NDLR) est prévue de mai à septembre mais son montage débutera en février.  » Nous travaillons sur plusieurs années. Une autre exposition aura lieu de décembre 2021 à mars 2022 et, pour l’été qui suit, nous avons une visioconférence internationale sur la question dans les prochains jours.  » Voilà de bonnes nouvelles mais la collection permanente a-t-elle connu quelques modifications ? Les collections permanentes d’un musée ne changent quasi jamais,  » elles sont permanentes à 90 % ! Néanmoins, cet hiver, l’équipe de conservation a renouvelé quelques cartels et va créer des nouvelles vitrines pour le printemps prochain. Nous commençons à travailler sur le renouvellement des dispositifs multimédias afin que la visite soit toujours optimale « , détaille Fabrice Cavaillon, le directeur général. En effet, le musée propose quelque 5 000 pièces exposées mais comptez au moins deux heures pour une visite digne de ce nom. Une visite qui s’achève par la boutique. Actuellement fermée, elle a pourtant été ouverte au bon moment, en décembre, et a pu limiter la casse en vendant quelques cadeaux de Noël à des amoureux en manque de romanité. Hélas, les salariés sont en chômage partiel mais les nouveaux produits sélectionnés pendant la fermeture sont d’ores et déjà prêts à être mis en rayon pour le jour de la réouverture. Sinon, à l’intérieur du musée, que se passe-t-il ?  » On entretient comme on le fait habituellement. Tout fonctionne car tout doit fonctionner. À l’intérieur, les lumières et la chaufferie sont en marche car on doit conserver une température stable pour ne pas détériorer les œuvres exposées. On a refait un peu de peinture, chose que nous faisions habituellement le jour de fermeture, le mardi, et le ménage est fait tous les jours ! C’est assez difficile de se dire que l’on peut nous demander de rouvrir rapidement alors il faut être prêt « , poursuit Isabelle. Pour l’aspect administratif, dans les bureaux, les choses n’ont pas changé et Fabrice Cavaillon en est conscient.  » C’est peut-être pire qu’avant la covid avec toutes les règles qu’il faut mettre en place et appliquer… Il y a aussi l’histoire du chômage partiel, des roulements. Bref, on ne s’ennuie pas et il y a du boulot !  » Les équipes de la SPL Culture et Patrimoine du Musée de la romanité espèrent pouvoir ouvrir les portes de l’édifice pour les prochaines vacances de février et sont déjà à pied d’œuvre pour caler les médiations, les groupes, les visites…  » C’est notre outil de travail ce musée, on l’aime ! Nous travaillons sur une visite virtuelle à 360° avec des interventions orales et des documents annexes. C’est un produit original qui sera prêt fin janvier et qui nous permettra d’ouvrir, au moins en partie, virtuellement le musée ! Avec, le visiteur voyagera en drone, pénétrera dans la Maison de Gailhan, verra de plus près le propylée ou encore le transport de la mosaïque de Bellérophon entre l’ancien Musée d’archéologie et le Musée de la romanité « , note Isabelle Lécaux. Le secteur commercial, évidemment touché par la crise sanitaire actuelle, a lui aussi pris un coup. Les équipes ont pourtant poursuivi leur effort de démarchage en assistant, virtuellement, à des salons numériques par exemple. Pour Fabrice Cavaillon,  » nous devons entretenir un lien avec notre clientèle, nous travaillons aussi sur des dossiers de fond, sur des nouvelles idées et sur nos fiches produits en 3D que nous avons enfin pu développer.  » En 2020, le musée a été ouvert sept mois et a accueilli 66 000 visiteurs soit -70 % par rapport à 2019.  » C’est difficile de comparer avec les années antérieures, mais bon…  » En 2019, en effet, si 78 % des visiteurs étaient Français, les Britanniques, Allemands, Belges, Luxembourgeois, Hollandais, et autres Espagnols et Américains étaient tout de même venus en nombre. En 2020, 92 % de la clientèle était uniquement française ! Avec le virus et les problèmes aux frontières, les étrangers seront-ils en capacité de venir à Nîmes ? Nul ne le sait mais il faut tout prévoir ou presque.  » On s’adapte et on ajuste la communication que nous recentrons sur un public qui est à moins de deux heures de Nîmes ou sur les clientèles européennes proches (Suisse, Espagne, Allemagne et Italie, NDLR). Pour le reste, nous verrons au second semestre de l’année ! Nous travaillons aussi sur les cibles individuelles car en 2020, nous avons eu -85 % de groupes. C’est dommage mais ça montre le potentiel du musée. En 2019 nous avions reçu 1 700 groupes « , rappelle le DG du musée. Autre souci majeur, le manque de client pour des moment de privatisation. En 2019, 150 événements privés s’étaient déroulés au Musée de la romanité. En 2020, -70 %, encore et toujours… Mais de manière plus générale,  » Il faut que ça redémarre au plus tard en avril mais si c’est en février nous serons ravis ! « , espère et conclut Fabrice Cavaillon.

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