À la rescousse des manuscrits de Chartres – Actualitté – Marion Clousier

Parmi ces derniers, le bombardement de la bibliothèque historique de Chartres, en mai 1944, a particulièrement porté préjudice au fonds patrimonial chartrain. La ville était alors considérée comme un grand centre intellectuel d’Occident entre le 11e et le 12e siècles, et alors treizième bibliothèque de France.

La numérisation : nouvel enjeu à Chartres

Sur ce nouveau projet, plusieurs acteurs ont été sollicités. Parmi eux, la Bibliothèque nationale mais aussi de nombreux chercheurs tels que Claudia Rabel, ingénieure de recherche, spécialiste des manuscrits enluminés et de l’iconographie du Moyen Âge, Joanna Fronska et Alexane Trubert, sous l’oeil avisé du responsable du service images, Gilles Kagan. Travaillant depuis 5 ans pour l’IRHT, une lourde tâche lui a été confiée : un travail de reconstitution qui s’étend à plusieurs centaines de fragments issus de livres anciens voire de parchemins.

L’enjeu de la numérisation de ces bouts d’Histoire est de permettre aux chercheurs de travailler dessus, afin de reconstituer une sorte de puzzle autour de ces ressources, qui sont ensuite stockées dans la bibliothèque virtuelle de la BVMN. Celle-ci dispose de multiples données, offertes aux passionnés ou aux chercheurs afin qu’ils puissent échancher leur soif.

Le travail mené à Chartres est particulièrement conséquent et de fait, précieux. Michèle Neveu, responsable du fonds patrimonial de la médiathèque en rend compte : « Les opérations menées sur les manuscrits de Chartres font appel à plusieurs partenaires institutionnels dont fait partie l’IRHT mais également à des chercheurs du monde entier. La bibliothèque historique a été bombardée en mai 1944, elle se trouvait au premier étage de l’hôtel de ville. »

Ce travail de numérisation s’effectue liasse par liasse. Il est aujourd’hui nécessaire pour parvenir à reconstituer ces ressources historiques.

Pour appuyer leurs recherches, ils ont pu avoir accès au Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de 1890, dont tout un tome concernant la ville de Chartres.

Une recherche portée essentiellement sur les vélins

L’ensemble de l’équipe se concentre surtout sur les vélins, variétés de parchemins faites à partir de peau de veau ou de mouton. A partir de leurs fragments humidifés, nettoyés et numérisés, il est possible de redécouvrir les écritures inscrites dessus.

« Cinq campagnes de numérisation ont déjà été menées, c’est un travail de fourmi, d’érudit, de déchiffrage » ajoute Michèle Neveu.

Un travail des plus méticuleux, qui exige une organisation parfaite car chaque détail compte. Au départ, Joanna Fronska, Claudia Rabel et Michèle Neveu font des listes de liasses prioritaires qu’elles apportent ensuite à Alexane, qui lance leur numérisation.

L’ensemble des recherches est enregistré dans plusieurs tableaux Excels qui respectent des nomenclatures et des codes propres à chaque fragment. Tout est ensuite regroupé dans des disques durs — un attirail nécessaire pour stocker les clichés numérisés dont chacun pèse plusieurs dizaines de mégaoctets.

À la fin de ce travail intensif de numérisation, la photographe scientifique reprend son rôle de webmaster pour alimenter le site À la recherche des manuscrits de Chartes, qui vise à reconstituer virtuellement la bibliothèque médiévale chartraine.

Vous pouvez suivre l’avancée des travaux menées par Alexane Trubert sur Twitter.

Crédit : Fred Kearney – Unsplash

À la suite d’un 14 juillet qui s’est conclu, comme chaque année, par un feu d’artifice mémorable, quoi de mieux que de plonger dans l’histoire de ce spectacle pyrotechnique ? Au Japon, la bibliothèque de la ville de Yokohama propose de découvrir les pages d’une série de catalogues publicitaires pour des feux d’artifice, datant du XIXe siècle.

La culture tibétaine accessible à tous, du moins une grande partie : dans un effort de protection de son patrimoine, la région du Tibet a mis en ligne plus de 20.000 pages numérisées d’ouvrages aussi rares qu’anciens. Les utilisateurs peuvent effectuer dans cette bibliothèque numérique des recherches, ou encore télécharger et copier gratuitement les informations. Le fonds mis à disposition concerne une période qui couvre du XIIe au XXe siècle, l’histoire du Tibet et du bouddhisme.

Située à Jérusalem, la Bibliothèque nationale d’Israël abrite l’une des plus grandes collections de textes judaïques au monde. Lundi dernier, l’établissement ajoutait un précieux Livre d’Esther à sa collection. Aussi appelé mégillah, le document est l’un des plus anciens rouleaux de ce type existant. Il est aujourd’hui disponible en ligne.

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