La Chaux-de-Fonds: des expositions qui interrogent la photographie – La Liberté

Durant l’automne et l’hiver 2020, le Parc des musées s’est vu truffé de pièges photographiques déclenchés par des capteurs de mouvements. « Ces images a priori sans qualité permettent de dresser une cartographie de ce qui bouge et habite ici. Cela implique un déplacement du regard et du rapport au monde: l’humain ne déclenche pas ces images, pas plus qu’il n’en est le sujet », ont précisé les auteurs de l’exposition.

Dans le parc des musées, les humains sont des visiteurs de passage chez des habitants qu’ils ne regardent pas. Si, depuis plusieurs décennies, les caméras de surveillance déshumanisent les lieux qu’elles balaient, le dispositif photographique mis en œuvre dans le parc exerce plutôt une défocalisation qui insiste sur la coexistence des espèces dans un même lieu sans donner la primauté à l’une d’elles sur les autres, peut-on lire dans le communiqué.

Exposition transfrontalière

L’exposition en plein air « Tout est sous contrôle » constitue la partie émergée de la programmation commune des institutions muséales de la Ville de La Chaux-de-Fonds, à l’occasion du 10e anniversaire de la Nuit de la Photo. Du côté du Musée international d’horlogerie (MIH), l’immatériel est visible jusqu’au 7 novembre grâce à l’exposition transfrontalière « Transmissions », réalisée avec le Musée du Temps à Besançon (F).

Le patrimoine culturel immatériel est abordé au travers de la photographie en tant que production artistique contemporaine. Six photographes, issus d’un concours, ont été mandatés par les deux musées pour réaliser ce travail.

De juin à septembre 2020, ils ont arpenté le terrain. Ils ont pénétré les ateliers, les entreprises, les musées et les écoles de la région horlogère franco-suisse. En présentant les œuvres de trois photographes de chaque côté de la frontière, l’exposition se construit de manière complémentaire.

Fabrique d’images et d’objets

Le Musée d’histoire va « Eclairer le monde » jusqu’au 16 janvier 2022. Rendu célèbre par ses expéditions himalayennes de 1902 et 1905, Jules Jacot Guillarmod a laissé en héritage plusieurs milliers de photographies et un journal rédigé durant 40 ans. Le Musée d’histoire invite le visiteur à plonger aux origines de la 3D et à découvrir ce témoignage.

Le Musée des beaux-arts va présenter du 26 septembre au 9 janvier 2022 plusieurs propositions d’artistes qui interrogent la matérialité de la photographie, que ce soit dans ses modalités d’impression et de collage, lors de son traitement informatique, voire lors de la conception et de la captation du sujet photographié. Les différentes expositions juxtaposées composent ainsi une palette de possibilités d’aborder le médium comme fabrique d’images et d’objets.

Le Musée paysan et artisanal expose « Trois regards sur le monde paysan » jusqu’au 31 octobre. Les visiteurs pourront découvrir les œuvres de trois photographes qui se sont intéressés au monde agricole. Témoin d’une époque pour Fernand Perret, vécu mélancolique pour Odile Meylan, réalité d’ailleurs pour le photographe lituanien Tadas Kazakevicius.

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