Un incunable “unique et inconnu”, retrouvé en Espagne – Actualitté

Pour Javier Ceruti, conseiller à la Culture de la ville de Santander : « C’est un spécimen unique, inconnu jusqu’à présent » apparu « un peu par hasard » durant le catalogage informatisé de la collection de la bibliothèque. Ce dernier a débuté il y a quelques années pour le Catalogue Collectif du Patrimoine Bibliographique (CCPB) — base de données du ministère de la Culture. Celui-ci regroupe la description et la localisation d’oeuvres dans les institutions espagnoles, qu’elles soient publiques ou privées, qui font partie du patrimoine bibliographique espagnol.

Différents experts ont été sollicités pour étudier cet incunable – livre imprimé en Occident avant 1500 – et ont établi une origine et une datation. Il serait de Francisco de los Santos, un religieux, musicien, écrivain et historien espagnol, membre de l’Ordre de Saint-Jérôme. Selon les recherches menées, le document remonterait entre 1495 et 1497. Il a été retrouvé dans un coffret avec d’autres documents non reliés, produits postérieurement. Ce n’est pas le premier incunable dont dispose la bibliothèque, qui en recense, au total, 21.

Son existence était jusqu’alors passée inaperçue, car il n’était alors pas référencé. En effet, il existe aujourd’hui un contrôle de la production mondiale d’incunables. Pour ce faire, tous sont identifiés, numérotés et référencés dans différents répertoires d’imprimeries. Ils sont aussi regroupés dans des bases de données internationales telles que ISTC Incunabula Short Title Catalogue de la Bibliothèque d’Angleterre ou GW GesamtKatalog der Wiegendrucke de la Bibliothèque d’État de Berlin.

Comprendre cette découverte

Pour Paz Delgado, responsable de la bibliothèque, « c’est le seul spécimen connu au monde, et c’est une découverte d’un énorme intérêt dans le domaine de la recherche ». Elle insiste par ailleurs sur les éléments techniques de cette découverte, ainsi que sa valeur et le contexte historique de sa création.

Ecrit en latin, le manuscrit se compose de 23 feuilles imprimées en 3 fascicules. Sans doute pour protéger l’exemplaire jusqu’à sa reliure, la première page est manquante. D’après les experts, cet exemplaire comporterait des commentaires de l’ Evangile selon saint Matthieu.

Plusieurs éléments ont suscité d’emblée l’intérêt des spécialistes : il ne disposait pas de couverture, des trous blancs remplacent les majuscules initiales — les imprimantes d’antan les laissaient vides volontairement pour les écrire plus tard à la main —, un texte très compact, ainsi que l’utilisation de multiples abréviations pour maximiser l’utilisation du papier, des marges très larges, et enfin une écriture gothique.

Un “ auteur franciscain, ségovien”

Concernant son auteur, plusieurs ressources ont été sollicitées auprès de la Bibliotheca Hispana Nova de Nicolas Antonio (1783-1784). Ce dernier dit de Francisco de los Santos, qu’il est un « auteur ségovien, franciscain ». Dans l’ouvrage historique de Pedro Chacon, Historia de la Universidad de Salamanca (1562), l’auteur apparaît comme un « répétiteur de la grammaire jusqu’en 1477 ». De plus, en comparant les similitudes typographiques, l’oeuvre appartiendrait à la « Seconde police gothique de l’atelier de Lope Sanz et Hutz », imprimerie active à Salamanque vers 1495-1497.

Deux autres oeuvres de cet auteur sont déjà cataloguées dans le CCPD. Elles sont rassemblées dans différents répertoires. On trouve donc : Dicteria ex doctorum libris collecta (imprimé en 1497 par Typografia Nebrissensis Gramatica), dont un exemplaire se trouve à la Bibliothèque Colombina de Séville et Canonis misse interpretatio ex theologis auctoribus (imprimé en 1495 par Manuel de Madrigal). Il existe en deux exemplaires, dont l’un est conservé à la Bibliothèque nationale et l’autre à la Bibliothèque publique de Soria.

Une expertise universitaire

La directrice de la BMP a d’abord remercié l’aide financière fournie par le gouvernement de Cantabrie et par la Mairie de Santander.

Elle a aussi souligné la qualité de l’expertise déployée : « Nous devons remercier les conseils et l’infinie patience du personnel du Catalogue collectif du patrimoine bibliographique, en particulier Marta Sáenz Báscones, responsable du domaine du catalogage des livres anciens, qui nous a mis en contact avec le meilleur spécialiste de l’impression d’incunables à Salamanque. » Ainsi que celle du Dr. María Eugenia López Varea, professeur à l’Université pontificale de Comillas à Madrid, thésarde sur l’impression des incunables à Castille et à León, qui s’est chargée de l’attribuer à un atelier d’imprimerie.

Finalement, cette oeuvre sera incluse dans le Répertoire bibliographique des incunables espagnols, mis au point par un groupe de chercheurs, sous la direction de Fermín de los Reyes de l’Université de Complutense, selon la directrice.

Tour du monde des incunables

Selon les spécialistes, il existerait aujourd’hui entre 30.000 et 32.000 incunables dispersés à travers le monde. D’après les chiffres de l’Incunabula Short Title Catalog (ISTC), 35% d’entre eux sont regroupés en Italie, 34% en Allemagne, 18% en France — la Bibliothèque nationale de France en possède le troisième plus grand fonds —, 8% aux Pays-Bas, 3% en Espagne, 1% en Grande-Bretagne et 1% dans les autres pays européens.

Crédit : Boudewijn Huysmans — Unsplash

Appartenant à l’une des collections de la bibliothèque municipale d’Angers, la Bible de Saint-Aubin est le premier volume d’une Bible du XIe siècle, provenant de l’ancienne abbaye Saint-Aubin. En plus de ses dimensions impressionnantes (50 cm de haut sur 37 cm de large), les deux volumes de cet ouvrage pèsent plus de 18 kg chacun. Sa numérisation sera suivie d’une mise en ligne, afin d’être à la disposition non seulement des chercheurs, mais aussi du grand public.

Né sous la main de Petrus Apianus, professeur d’astronomie à l’Université d’Ingolstadt, l’ Astronomicum Caesareum est une prouesse éditoriale. Décrit comme l’un des « plus somptueux manuels d’instruction de la Renaissance » par le Metropolitan Museum of Art, l’ouvrage a été créé en 1532 pour suivre le mouvement des planètes, anticiper les éclipses, et prévoir le futur.

Un groupe de chercheurs est parvenu à développer une IA capable de distinguer avec précision différents types d’écriture. L’outil a notamment été utilisé sur le Grand rouleau d’Isaïe, l’une des plus anciennes copies de la Bible existante. Ce manuscrit vieux de plus de 2000 ans aurait été écrit par deux scribes cherchant à synchroniser leurs écritures.

Internet produit des tendances difficilement prévisibles : qui aurait ainsi pensé que les chants de marins feraient un retour fulgurant en début d’année 2021, alors que les mouvements du monde sont toujours contraints par la crise sanitaire ? Sur le réseau social TikTok, ces chansons reprises en chœur ont relancé l’intérêt pour ce type de documents patrimoniaux…

Foin des Yves Saint-Laurent et autres Dior ou Louboutin : la mode n’a pas attendu les grands couturiers pour exalter les foules. Pour preuve, cette exposition qui présente l’évolution de l’art vestimentaire à l’époque médiévale. La Bodleian Library organise une présentation autour des vêtements, en France et aux Pays-Bas, à travers des enluminures puisées dans les manuscrits.

Gutenberg pressait à peine les premières pages de sa Bible, que la Corée avait déjà en circulation ses premiers ouvrages imprimés depuis pas loin d’un siècle. Les Jikiji représentent, dans l’histoire de l’humanité, les premiers textes conservés — pas les premiers imprimés, on doit à la Chine une invention du XIe siècle qui s’y employa. Mais les Jikiji méritaient bien un hommage.

Partons à la découverte du patrimoine français : pour ce faire, Stéphane Bern nous sert de guide. En partenariat avec les éditions First, ActuaLitté vous propose de découvrir quelques extraits de son ouvrage, afin de mieux comprendre pourquoi il est si important de protéger ce patrimoine, de le sauvegarder et de le restaurer. Aujourd’hui, visite virtuelle de l’Institut de France…

Au début du mois de juillet 2021, le Conseil d’État annulait l’instruction générale interministérielle n° 1300 sur la protection du secret de la défense nationale, dénoncée depuis plusieurs mois par des associations et collectifs d’archivistes. Cette instruction générale interministérielle n° 1300 fermait en effet l’accès aux documents Aztèques à 1970 et portant un tampon « secret », malgré les dispositions du code du patrimoine. L’État publie à présent une nouvelle instruction générale interministérielle n° 1300, mise à jour.

Fanxoa et Masto, deux des membres fondateurs de Bérurier noir, groupe phare de la scène musicale des années 80, ont fait le don de leurs archives à la BnF. Manuscrits musicaux, carnets de notes, photos, costumes de scène ou enregistrements sonores : par ce don, voulu par les deux musiciens comme un véritable passage de culture, c’est tout un pan de l’histoire du rock alternatif français qui est mis à la disposition de tous…

La Bibliothèque multimédia intercommunale d’Épinal dévoile une fantastique réalisation : la numérisation de l’Évangéliaire pourpre, réalisée en 3D. Cette opération pour L’évangile selon Saint Marc, manuscrit prestigieux, a été financée à 80 % par l’État dans le cadre du programme de « bibliothèque numérique de référence ».

À la suite d’un 14 juillet qui s’est conclu, comme chaque année, par un feu d’artifice mémorable, quoi de mieux que de plonger dans l’histoire de ce spectacle pyrotechnique ? Au Japon, la bibliothèque de la ville de Yokohama propose de découvrir les pages d’une série de catalogues publicitaires pour des feux d’artifice, datant du XIXe siècle.

Le ministère de la Culture annonce l’acquisition par l’État de manuscrits littéraires majeurs qui entrent dans les collections de la BnF à la suite de leur classement comme « Trésors nationaux ». Une partie des écrits de Sade et de Breton s’apprête ainsi à rejoindre les étagères de la Bibliothèque, aux côtés d’autres grandes figures de la littérature française.

Après la publication du rapport de la Commission de recherche sur les archives françaises relatives au Rwanda et au génocide des Tutsi, remis au président de la République en mars dernier, le ministère de la Culture ouvre à l’administration aux citoyens et chercheurs l’accès à tous les documents cités dans ce même rapport.

Belin éditeur, qui avait fusionné avec les PUF en 2016 pour créer le groupe Humensis, n’a pas oublié son histoire. La maison, fondée en 1777, s’était déjà à l’époque spécialisée dans les ouvrages scolaires. En faisant un peu de ménage dans les archives, les équipes d’Humensis ont retrouvé un fonds d’ouvrages historiques. Ces derniers seront remis dans les mains de la Bibliothèque Diderot de Lyon, liée à l’École normale supérieure.

La Bibliothèque nationale de France avait reçu un don de 500 dessins originaux du dessinateur de presse Plantu, connu pour sa très longue collaboration avec le journal Le Monde. L’établissement n’a pas perdu de temps, et présente la numérisation de l’ensemble de ces archives, désormais accessibles sur la plateforme Gallica.

La numérisation des œuvres d’art est une pratique de plus en plus courante pour les musées et bibliothèques du monde entier. Pour mieux s’y retrouver dans cette masse d’art numérique, des navigateurs spécialisés commencent à voir le jour. Artvee propose ainsi de se plonger dans les collections de plus de 40 institutions internationales, de la New York Public Library aux musées parisiens. Tapez un seul mot clé et des milliers d’œuvres à télécharger gratuitement s’offrent à vous.

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