Ashara et sa région – archeologie.culture.fr

A Tell Masaïkh les niveaux archéologiques les plus anciens correspondent à des occupations préhistoriques, d’époque Halaf et Obeid (5 e – e millénaire), suivies, après un long abandon, par celles du Bronze Moyen II – III (II e millénaire av. J.-C., contemporaines de celles de Terqa. Mais les fouilles ont montré que la période où le site prend une grande importance dans la région est l’âge du Fer II-III (5 e – e siècle av. J.-C.) quand une colonie de l’empire assyrien y est installée, appelée « Kar-Assurnasirpal » le « Port d’Assurnasirpal », du nom du roi fondateur, destinée à surveiller la circulation sur l’Euphrate et l’ensemble de la région, traversée par les itinéraires commerciaux provenant des marchés d’Arabie. Les recherches dans l’environnement du site ont montré qu’au début du e siècle, le pouvoir assyrien y démarre la construction d’un grand canal parallèle à l’Euphrate, dont le tracé a été identifié sur presque 100 km. Utile pour les transports ainsi que pour l’irrigation, ce canal marque et dérègle les équilibres de la région. L’étude de l’architecture du palais « royal » de la colonie a mis en évidence comment les élites, à contact avec la société locale, ont recherché progressivement une plus grande autonomie par rapport à l’empire assyrien, jusqu’à provoquer sa réaction, et la destruction des quartiers nobles. La colonie revient sous le contrôle direct de la métropole, jusqu’à l’écroulement de l’empire (5 e s. av. J.-C.). La région est alors presque abandonnée, et une occupation rurale apparait sur le site seulement à l’époque romano-parthe (II e-III e siècle apr. J.-C.), et enfin islamique ancienne (5 e- e siècles), séparées par de longues périodes d’abandon.

Masaïkh, vue satellite du site

©DigitalGlobe

Masaïkh, plan général du site et des chantiers

©Mission Masaïkh, Maria Grazia Masetti-Rouault

Vue aérienne de la fouille du secteur du secteur sud-ouest de l’acropole

©Mission Masaïkh, photos cerf-volant Sabrina Salmon, montage Pedro Azara

Partie centrale du palais néo-assyrien avec salle du trône et cour dallée

©Mission Masaïkh, Maria Grazia Masetti-Rouault

Plan du secteur ouest du site avec chantiers principaux

©Mission Masaïkh, Maria Grazia Masetti-Rouault

Reconstitution en partie restituée du plan du palais néo-assyrien et de ses dépendances

©Mission Masaïkh, Pedro Azara

Salle de stockage de jarres associée à un temple(?)

©Mission Masaïkh, Maria Grazia Masetti-Rouault

Figurine en terre cuite d’époque Halaf

©Mission Masaïkh, Maria Grazia Masetti-Rouault

Bijoux d’époque néo-assyrienne

©Mission Masaïkh, Maria Grazia Masetti-Rouault

Fragment de peinture murale, décor du palais néo-assyrien

©Mission Masaïkh, Paola Poli

Figurine en verre

©Mission Masaïkh, Francesca Onnis

La cité de Terqa / Ashara

Les fouilles à Terqa ont révélé les vestiges d’une occupation fondée sur la rive Ouest de l’Euphrate au début du III e millénaire av. J.-C., représentant ainsi une des premières cités de la région, contemporaine de sa voisine, la plus importante et célèbre cité de Mari. Dès le début du II e millinaire, la région est gouvernée par des rois amorrites, et sa culture influencée par les traditions provenant des steppes. Après la destruction de Mari par les Babyloniens vers début du II e millénaire, Terqa devient la capitale du « royaume de Khana », résidence royale jusqu’au milieu du II e millénaire. Après une longue crise, la cité redevient le centre d’une confédération politique quand la région est réorganisée par les populations locales « araméennes » au début du Ier millénaire av. J.-C. L’arrivée des armées de l’empire assyrien, centré le long du Tigre. ( e s. av. J.-C.) met fin à leur autonomie. Les prospections et sondages réalisés sur les sites de Jebel Mashtale, Tell Marwaniye, Tell Jurdi Sharqi et Bir el-Haddad, ont documenté, pour la première fois, l’histoire de cette région pendant le Bronze Récent et à l’âge du Fer (milieu du II e – milieu du Ier millénaire av. J.-C.), mettant en évidence la présence, et l’influence sur les cultures locales, tant des pouvoirs du Sud, Babylone, que du Nord, l’Assyrie.

Carte de la Mésopotamie du Nord

©Mission Ashara-Terqa, Olivier Rouault sur fond Google

Carte de la région de Terqa et Masaïkh

©Mission Ashara-Terqa, Olivier Rouault

Terqa, vue générale du site (2000) depuis la rive gauche de l’Euphrate

©Mission Ashara-Terqa, Olivier Rouault

Terqa, plan général avec les chantiers

©Mission Ashara-Terqa, Olivier Rouault

Les niveaux de la première moitié du IIIème millénaire av. J.-C.

©Mission Ashara-Terqa, Olivier Rouault

Bâtiments du milieu du IIIème millénaire av. J.-C.

©Mission Ashara-Terqa, Olivier Rouault

Hypogée à trois chambres

©Mission Ashara-Terqa, Olivier Rouault

Reconstitution 3D de l’hypogée

©Mission Ashara-Terqa, Pedro Azara

Sépulture avec équidé associé et une cruche proche de la tête du défunt (milieu du IIIème millénaire av. J.-C.)

©Mission Ashara-Terqa, Olivier Rouault

Tombe de la fin du IIIème millénaire av. J.-C., sous le sol d’une maison

©Mission Ashara-Terqa, Olivier Rouault

Grand bâtiment administratif de l’époque paléo-babylonienne

©Mission Ashara-Terqa, Olivier Rouault

Dégagement du bâtiment paléo-babylonien

©Mission Ashara-Terqa, Yves Baudouin

vue générale du bâtiment administratif de l’époque du royaume de Hana (XVIIème-XVème siècles av. J.-C.)

©Mission Ashara-Terqa, Olivier Rouault

Découverte et dégagement d’une épée en bronze de type « harpé » (XVIème siècle av. J.-C.)

©Mission Ashara-Terqa, Olivier Rouault

Collier en perles de cornaline et lapis lazuli

©Mission Ashara-Terqa, Olivier Rouault

Perles plaquées d’une feuille d’or, XVIIIème siècle av. J.-C.

©Mission Ashara-Terqa, Olivier Rouault

« Trésor » constitué de fragments d’argent

©Mission Ashara-Terqa, Olivier Rouault

Maquette en terre cuite de chariot bâché, XVIIIème siècle av. J.-C.

©Mission Ashara-Terqa, Franco Lovera

Figurine en terre cuite, sorte de « centaure »

©Mission Ashara-Terqa, Pamela Courtial

Propections dans la basse vallée du Moyen-Euphrate syrien

Les collaborations établies entre différentes institutions françaises et européennes, et surtout avec la Direction des Antiquités de Syrie, ont rendu possible la réalisation d’un programme complet de fouilles, de prospections, de sondages, d’analyses et études du matériel archéologique, archéo-biologique, archéométrique, ainsi que l’étude de la vaste documentation épigraphique, les tablettes cunéiformes, qui sont encore en cours. Ces travaux, et les publications qui en dérivent, permettront de réunir les données utiles pour reconstituer l’histoire de cette région, dont les besoins associés à son développement démographique et économique – mais désormais surtout dont les destructions liées à la guerre – risquent d’effacer complètement les vestiges et la mémoire du passé. Un effort particulier a été fait, dans les dernières années, dans la mise en place d’une base données numérique, destinée à permettre le partage de la documentation et des informations réunies dans le cadre de ce projet, avec les autres chercheurs, et en particulier avec les collègues syriens.

La mission franco-syrienne « Tell Masaïkh / Projet Terqa et sa région »

La cité de Terqa, sur la rive ouest de l’Euphrate, identifiée en 1914 grâce à des tablettes cunéiformes retrouvées à Ashara (Syrie), a été fouillée dès 1975 par des archéologues américains, puis, depuis 1987, par une équipe française dirigée par Olivier Rouault (Université Lyon2). Ces recherches ont été élargies en 1996 à la région environnante. D’autres sites, comme Tell Masaïkh, Jebel Mashtale et Marwaniye ont été identifiés et étudiés en rive gauche de l’Euphrate, ainsi que Bir-el-Haddad plus au nord dans la steppe. Le programme de fouilles sur le site de Tell Masaïkh, sous la direction de Maria Grazia Masetti-Rouault (EPHE PSL) est devenu autonome en 2004. Depuis 2009, tous les permis relatifs à ces recherches ont été réunis, établissant une mission franco-syrienne, « Tell Masaïkh/ Projet Terqa et sa région ». Les dernières missions de terrain ont eu lieu à l’automne 2010. Les études et les publications sont encore en cours. Les sites, bien qu’endommagés, n’ont pas été détruits.

LIEU-DIT

Tell Masaïkh, antique Kar-Assurnasirpal

Ashara, antique Terqa

Région d’Ashara, sur les deux rives de l’Euphrate, province de Deir-ez-Zor (Syrie)

1914 (Terqa), 1987 – 2010 (Kar-Assurnasirpal)

PÉRIODE D’OCCUPATION PRINCIPALE

De l’époque Halaf (5 e millénaire av. J.-C.) jusqu’à l’époque islamique ancienne (5 e s.)

Maria Grazia Masetti-Rouault ; direction partagée avec le Directeur des Antiquités de la région de Deir-ez-Zor

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