Il est grand temps d’en finir avec la mauvaise gouvernance qui sévit au Grand Casablanca depuis 2002 – allAfrica – Libération

Réunis samedi dernier au secrétariat régional du parti à Casablanca, ces derniers estiment que l’accentuation et l’aggravation des dérives, des lacunes et des faiblesses au niveau de la gouvernance locale (notamment en ce qui concerne l’aménagement, l’habitat, le domaine communal, les appels d’offres, la gestion déléguée et la déficience du système de contrôle, de suivi et d’audit), confirment clairement, d’une part, la vulnérabilité de la qualification politique, juridique et morale d’un certain nombre d’acteurs locaux. Et d’autre part, la non satisfaction des citoyens et leur désintérêt vis-à-vis des élections.

Pour les candidats usfpéistes, le système de gouvernance au niveau de la ville de Casablanca exige aujourd’hui une révision radicale à même de créer une rupture avec certaines manières de faire et avec certaines élites politiques qui ont atteint leurs limites et qui ont démontré leur incapacité à doter le Conseil de la ville d’une classe dirigeante démocratique et forte avec des élus compétents, intègres et capables d’élaborer et de mettre en place des programmes de développement local. « Nous constatons des régressions à tous les niveaux. Les dernières inondations qui ont frappé la ville ont démontré la faiblesse des infrastructures et des équipements », a souligné Mohammed Mouhib, tête de liste des élections parlementaires à la préfecture d’arrondissements de Hay Hassani. Même son de cloche de la part d’Ibrahim Rachidi, tête de liste à Anfa, qui a relevé le manque d’avancées au niveau des services, des équipements et des structures et ce depuis 2002. Selon lui, l’arrêt de plusieurs projets a eu pour conséquences la détérioration de la situation de certains secteurs comme c’est le cas pour le transport, le logement, entre autres, tout en indiquant qu’il y a une dilapidation des deniers publics notamment au niveau de l’usage du parc automobile des communes, de consommation du gasoil et des indemnités.

Que proposent les candidats usfpéistes comme alternative ? Pour en finir avec cette situation d’inertie et de vulnérabilité, l’USFP recommande une série de mesures d’urgence.

1- Faire de la commune une plateforme ou une institution de dialogue régulier et continu avec la population et l’adoption d’une politique de concertation concernant les projets et les grandes orientations du développement local

2- Créer des relations nouvelles et efficaces avec les partenaires institutionnels, les associations, le secteur privé, les institutions universitaires et celles de recherche scientifique, et tirer profit des expériences réussies de villes performantes au niveau national et international

3- Renforcer et contrôler les services soumis aux sociétés de gestion déléguée et celles de développement et adopter une politique de contractualisation avec les établissements publics nationaux et le secteur privé national, afin d’atteindre une bonne gestion des services publics locaux, de réduire les coûts et d’attirer des acteurs qualifiés, notamment dans les secteurs des transports urbains, de l’hygiène, de l’électricité, de l’eau et de l’assainissement liquide

4- Organiser l’administration communale de la ville d’une manière maîtrisée et productive et faciliter l’accès à ladite administration en adoptant des techniques modernes de numérisation et de communication

5- Développer des services publics, notamment numériques, qui facilitent les démarches administratives et les rendent plus transparentes

6- Améliorer le climat des affaires en simplifiant et en digitalisant les procédures et en facilitant l’accès à l’immobilier industriel à des prix symboliques

7- Créer des fonds locaux pour soutenir les petites entreprises et les coopératives

8- Attirer les grands projets et investissements afin de créer de nouvelles opportunités d’emploi

9- Organiser les marchés communs, et concéder un nouveau rôle au marché de gros des légumes et fruits de la ville

10- Réhabiliter les anciennes zones industrielles et les unités industrielles délaissées en les transformant en complexes culturels et sportifs

11- Créer plus de zones industrielles en partenariat avec d’autres acteurs et leur commercialisation à des prix préférentiels pour les investisseurs

12- Contribuer au développement d’industries à forte valeur ajoutée dans les domaines du numérique en cohérence avec le futur rôle de Casablanca en tant que pôle économique mondial

13- Contribuer au développement de l’économie de la connaissance en créant un pôle spécialisé de renommée mondiale

14- Adopter une politique fiscale locale, à même, à la fois, de mobiliser le potentiel fiscal et de le développer, de collecter les ressources financières tout en révisant l’augmentation excessive de la pression fiscale

15- Elaborer une nouvelle politique d’aménagement d’espace et la définition claire et productive des règles de construction tout en s’engageant à les mettre en œuvre ainsi que la réhabilitation du patrimoine urbain dans tous les quartiers anciens et l’adoption d’une architecture à la hauteur du positionnement mondial de la ville

16- Accorder un intérêt à l’environnement quotidien du citoyen (espaces verts, routes, chaussées, éclairage public) et prendre soin des mosquées et des écoles coraniques ainsi que des cimetières, organiser des installations funéraires, et développer la culture de préservation de l’environnement

17- Construire des installations de proximité à dimension sociale dans tous les arrondissements et offrir des programmes et services aux enfants, aux jeunes, aux personnes âgées, aux retraités et aux personnes ayant des besoins particuliers.

18- Intégrer le développement sportif, culturel et artistique au cœur de l’action communale et allouer des fonds pour cela à raison d’au moins 10% du budget annuel de la commune

19- Encourager les théâtres de quartier et les équipements culturels de proximité

20- Intensifier le rythme d’organisation des festivals culturels à caractère local, national et international

21- Offrir des programmes d’aide aux familles nécessiteuses et aux personnes à besoins spécifiques basés sur le principe de solidarité sociale- qui est un pilier fondamental de notre identité marocaine- à hauteur de 5% du budget communal.

22- Faire face aux changements climatiques et à la pollution croissante que connaît la ville en augmentant les espaces verts, en ajoutant des ceintures vertes autour de la ville tout en prenant des mesures pratiques pour mettre en place des transports publics respectueux de l’environnement et davantage d’usines de traitement et de recyclage des déchets solides et en réutilisant les eaux usées dans l’irrigation des jardins publics.

23- Donner de l’intérêt au patrimoine urbain et historique de la ville tout en l’exploitant sur le plan culturel et touristique.

24- Contribuer à résoudre le problème des maisons menaçant ruine dans plusieurs quartiers de la ville

25- Contribuer à résoudre le problème des bidonvilles restants de la ville et autres formes d’habitat inapproprié

26- Intensifier les réseaux de transports publics à partir des zones résidentielles vers les zones de travail dans la ville et sa banlieue

27- Créer plus d’incubateurs qui accompagnent les petites entreprises au profit des jeunes et des femmes

28- Eliminer toutes les formes de marginalisation touchant la périphérie des villes en améliorant les infrastructures, les routes, l’éclairage et la sécurité

29- Créer plus de logements sociaux à bas prix au profit des classes moyennes et leur fournir les équipements, les transports et la sécurité nécessaires dans le cadre de partenariats directs avec les promoteurs immobiliers et lutter contre toutes les formes de spéculation immobilière

30- Construire plus de parkings souterrains dans les zones densément peuplées

31- Développer et moderniser le front de mer dans la perspective d’une nouvelle vision touristique

32- Contribuer à la modernisation du port de Casablanca et à son expansion.

Pour les candidats usfpéistes, ces mesures restent insuffisantes vu l’énormité des tâches et les limites des capacités et des qualifications. Toutefois, ils soutiennent que l’adoption d’une gestion administrative démocratique et efficace qui assure la cohérence et l’intégration des rôles de tous les organes et services impliqués dans la gestion des affaires de la ville, permettra de faire face aux obstacles et aux carences profondes, et de placer notre ville au centre de la dynamique économique, sociale et culturelle, pour devenir, à la fois, un pôle économique et financier, à l’échelle régionale, nationale et internationale et un pôle de rayonnement culturel, un modèle de solidarité sociale et un cadre propice pour la vie et le bien-être. « Nous pensons que la mauvaise gestion communale n’est pas une fatalité, et que les Casablancais peuvent réaliser le progrès et le développement auxquels ils aspirent », a noté Mohammed Mouhib.

Et de conclure : « Le vote électoral représente une autorité déterminante pour créer des raisons d’espérer et d’établir un projet de développement moderne qui donne une impulsion forte au mouvement de réforme et à la croissance économique, sociale et culturelle de notre ville. L’USFP, en faisant avancer cette vision, appelle tous les habitants de Casablanca à une participation massive à ce processus électoral collectif, régional et législatif. Contribuons fortement au lancement d’un nouvel horizon en luttant contre tous les facteurs d’échec, de désespoir et de frustration ».

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