Interview | Costa-Gavras sur la tragédie, le pouvoir et la réalisation de films en Grèce – grecehebdo.gr

L’hommage, comprennent 45 films, célèbre l’amitié franco-grecque forgée pendant la Révolution de 1821, et le mouvement philhellène en France qui a laissé un héritage de contacts continus et fructueux dans le monde intellectuel des deux pays. Le résultat de ce dialogue et de l’étroite amitié entre Henri Langlois (fondateur de la Cinémathèque française) et Aglaïa Mitropoulou a été la création de la Cinémathèque de Grèce. Cette relation étroite s’est poursuivie après la mort des deux protagonistes et, aujourd’hui se reflète à la nomination de Costas Gavras en tant que président de la Cinémathèque française.

Le fondateur de la Cinémathèque française, Henri Langlois (source: Alchetron), et la fondatrice de la Cinémathèque de Grèce, Aglaïa Mitropoulou (source: Biblionet).

Rappelons que dans les années 1960-1980, de nombreux réalisateurs grecs ont étudié à la célèbre école de cinéma française IDHEC ( Tonia Marketaki, Nikos Panagiotopoulos, Antoinette Angelidi), tandis que de grands réalisateurs comme Theo Angelopoulos ont étudié avec Jean Rouch (un des réalisateurs qui ont façonné le cinéma français). D’autres, comme Roviros Manthoulis, afin d’échapper à la junte militaire, se sont installés à Paris et ont fait une brillante carrière à la télévision et au cinéma. Ainsi, l’esprit grec et les aventures historiques de l’hellénisme moderne ont inspiré d’autres réalisateurs et de jeunes Grecs ayant étudié en France.

Le point culminant de cette relation bilatérale a été la récente et importante collaboration entre les deux cinémathèques pour la restauration et la numérisation du film de Dimitris Gaziadis, Les Apaches d’Athènes (1930).

« La Nuit américaine », François Truffaut, 1973. Source: Imdb

La Rétrospective: 45 films

Cette grande rétrospective présentée par la Cinémathèque de Grèce met en lumière cette précieuse interaction à travers un riche programme de 45 films, répartis en trois thématiques :

Dialogue entre les cinémathèques, d’Henri Langlois à Jean Rouch, en passant par Claude Berri et Costas Gavras : cette thématique comprend des films qui ont marqué les grandes étapes de l’histoire du cinéma, et qui ont marqué la relation entre la Cinémathèque de Grèce et la Cinémathèque française. En hommage au centenaire de la naissance du cinéaste international Michael Cacoyannis, il est prévu une projection de son film emblématique  » Zorba le Grec », qui a remporté trois Oscars : meilleure photographie pour Walter Lasalli, meilleure direction artistique pour Vassilis Fotopoulos et, bien sûr, l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour la performance de Lila Kedrova, dans le rôle de Madame Hortense. Une projection spéciale sera consacrée aux « Apaches d’Athènes » de Dimitris Gaziadis.

« Les Apaches d’Athènes », Dimitris Gaziadis, 1930. Source: Tainiothiki.gr

Influences françaises dans le cinéma grec : cette thématique mettra en lumière les influences du cinéma français sur le cinéma grec avec des projections de films grecs emblématiques. Elle comprend une sous-section « Jeunes réalisateurs grecs dans les festivals français », qui présentera certains des plus importants jeunes réalisateurs grecs qui ont excellé dans le court métrage, avec leurs films récents, dont certains sont des coproductions franco-grecques, primés ou projetés aux festivals de Cannes et de Clermont-Ferrand. Rappelons que Vassilis Kekatos a été le premier réalisateur grec à recevoir la Palme d’or du Festival de Cannes pour un court métrage, avec « Distance entre le ciel et nous » en 2019. Le programme comprend des films allant des films marquants de Theo Angelopoulos, Dimos Theos et Tonia Marketaki, aux films d’Antoinette Angelidis, Maria Gavalas et Thodoros Soumas.

« Z », Costa-Gavras, 1969.

A noter que durant la même période (9-23 septembre), la Cinémathèque présentera également une série de films sur sa plateforme en ligne online.tainiothiki.gr. Comme souligne Maria Komninou, présidente de la Cinémathèque de Grèce, « c’est dans les années 50 et 60 que l’on assiste à l’émergence de la première vague de cinéphilie grâce aux projections de chefs-d’œuvre classiques français envoyés par la Cinémathèque française en Grèce ». En fait, selon Langlois, les cinéastes grecs se rendaient au ciné-club d’Athènes « pour respirer le cinéma ».

« Celui qui doit mourir », Jules Dassin, 1957. Source: Imdb

Du parcours des cinéastes grecs à la reconnaissance mutuelle et à l’enthousiasme des publics français et grecs pour les œuvres cinématographiques des deux pays, le cinéma est un autre exemple du dialogue culturel ininterrompu entre la France et la Grèce.

« John le Violant », Tonia Marketaki, 1973. Source: Imdb

* Photo d’introduction: Jean-Paul Belmondo, Jean Seberg, « A bout de souffle », Jean Luc Godard, 1960. Source: Wikimedia Commons

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