Le rapport Museum Innovation Barometer 2021 analyse comment les musées du monde ont innové en 2020 – Club Innovation & Culture CLIC France

De l’avis général, la pandémie et les fermetures de lieux culturels dues aux confinement ont été un formidable accélérateur de la numérisation des lieux culturels. L’innovation a radicalement transformé la nature et les modes de diffusion des contenus numériques (diffusion vidéo en direct, visites et cours en ligne, expositions virtuelles, podcasts et nouveaux contenus sociaux), l’accueil in situ (réservation et billetterie en ligne, outils sans contacts ..) mais également la gestion des contenus numériques.

Cette édition 2021 du Museum Innovation Barometer permet de mesurer et de mieux comprendre ce processus accéléré de numérisation et plus largement d’innovation.

« Le Baromètre de l’innovation des musées 2021 fournit des résultats uniques sur la mise en œuvre actuelle et future de technologies et d’outils technologiques dans les musées du monde entier et sur l’influence de la pandémie du COVID-19 à cet égard. Au total, 150 institutions représentant 200 musées de 39 pays ont participé à l’enquête. De plus, des experts sélectionnés ont fourni un aperçu de la situation et des tendances technologiques dans le domaine muséal » écrivent les auteurs du rapport.

Quelques résultats clefs du sondage:

. 72 % des musées ayant répondu à l’enquête proposent le WIFI à leurs visiteurs mais seule la moitié des institutions interrogées disposent d’un service informatique ou d’une équipe numérique en interne

. La très grande majorité des personnes interrogées (144 sur 150) ont déclaré que leur(s) musée(s) ont dû fermer en 2020, pour une période de temps en raison de COVID-19.

. En 2020, les réseaux sociaux les plus utilisés sont facebook (95%), Instagram (87%), Youtube (76%) et twitter (66%). D’autres réseaux ne dépassent pas la barre des 5%: Tiktok (5%), Snapchat (3%) et wechat (1%).

. Chaque édition du MUSEUM INNOVATION BAROMÈTRE pose la même question aux musées « à quel degré les nouvelles technologies contribueront au succès de leur établissement au cours des trois prochaines années? ». De manière logique, en 2020, la certitude de l’impact fort du numérique a augmenté dans une large mesure en raison de la pandémie. Globalement, près de 80 % considèrent que les nouvelles technologies sont « importantes » (niveaux 6/7), « très importantes » (niveaux 8/9) et « extrêmement importantes » (niveau 10). Par rapport au enquête de 2019, ce pourcentage a augmenté d’environ 10 pour cent.

A quel degré les nouvelles technologies contribueront au succès de leur établissement au cours des trois prochaines années?

« En matière de numérisation, la pandémie a accéléré la production et l’utilisation de la vidéo et le contenu numérique, ainsi que la prise en compte et la mise en œuvre de solutions numériques à des fins de gestion et d’amélioration de l’infrastructure. La diffusion en direct, les visites et les expositions en ligne, les podcasts et les défis sur les réseaux sociaux figuraient parmi les formats numériques les plus utilisés pour diffuser du contenu et rester connecté avec le public à la maison. Zoom et YouTube étaient les plateformes les plus utilisées. Les vagues de réouverture ont également favorisé la mise en œuvre d’outils sans contact. De nombreux musées ont également saisi les fermetures pour mettre à jour leur site Web et leurs applications. Contrôle d’accès sans contact, orientation numérique, en ligne billetterie, contrôle des foules, suivi en temps réel des taux d’occupation, contrôle thermique et systèmes de gestion de contenu ont été de plus en plus mis en œuvre au cours de l’année dernière ».

Les raisons de la numérisation Interrogés sur les raisons de l’application des nouvelles technologies en 2020, presque tous les répondants ont indiqué « attirer plus de visiteurs » (90 %). Les trois principales motivations suivantes parmi les musées contributeurs étaient « améliorer la pertinence de la création de contenu et de la médiation » (85 %), « diversifier le public du musée » (83 %) et « attirer plus de visiteurs sur place » (77 %).

D’autres raisons pertinentes pour rechercher et appliquer de nouvelles technologies sont « optimiser les procédures administratives et opérationnelles » (66 %), « démontrer la pertinence et l’urgence d’optimiser les structures et processus organisationnels », et « améliorer la fluidité du parcours du visiteur », signe du souci des musées d’offrir une expérience visiteur enrichie.

Des revenus numériques encore limités Parmi les musées qui ont répondu à la enquête, seulement 23 % ont réussi à concevoir et lancer de nouveaux formats et outils numériques capables de générer des revenus.

Un tiers de ceux qui ont conçu des outils numériques générant des revenus l’ont fait avec des ateliers, cours, présentations et expositions en ligne.

Les autres formats monétisables employés ont été les visites guidées en ligne, les boutiques en ligne, les sessions et visites vidéo en direct, les offres virtuelles (AR et VR), le site Web et les médias sociaux, ou les services en ligne de billetterie et d’adhésion.

Le cœur du rapport est consacré aux usages numériques actuels et futurs dans tous les secteurs de l’exploitation muséale: exposition,

Les usages numériques actuels et futurs en matière d’exposition

En 2020, la plupart des musées avaient déjà intégré la technologie à leurs expositions: 85 % signalent l’utilisation d’éléments audio et vidéo, suivis des projections et écrans interactifs (68 %) et des objets intelligents tels que les codes QR et la RFID (47 %). Et ils envisagent fortement d’y ajouter de nouvelles innovations technologiques.

Une comparaison de l’utilisation actuelle et future des technologies dans le domaine des expositions montre le plus fort intérêt et investissement des musées pour les expositions en ligne (de 42 à 67%), la réalité augmentée (de 18 à 34%), la réalité virtuelle (de 21 à 33%) et les éléments 3D (de 17 à 28%).

Signalons l’intérêt encore très faible pour les technologies holographiques (7%) et 4D (5%).

Dans les autres activités muséales, le rapport révèle l’attractivité de certains outils ou services innovants.

. En matière de médiation, les outils les plus utilisés en 2020 sont les applications mobiles et web (49%), la diffusion live (34%) et la gamification (37%). Les outils qui seront privilégiés dans le futur sont les applications mobiles et web (70%), la diffusion live (63%), la gamification (46%) et les podcasts (de 19 à 46%).

. En matière de communication et relations avec le public, les outils les plus utilisés en 2020 sont les réseaux sociaux (95%), les newsletters (83%) et les enquêtes en ligne (54%). Les outils qui seront privilégiés dans le futur sont les mêmes: réseaux sociaux (74%), les newsletters (71%) et les enquêtes en ligne (63%). Mais le chatbot intéresse 14% des lieux interrogés alors qu’il n’était déployé en 2020 que dans 4% de ces lieux.

. En matière de marketing, les outils les plus utilisés en 2020 étaient les logiciels d’analyse web (64%) et réseaux sociaux (62%). Les outils qui suscitent le plus d’intérêt pour une utilisation future sont l’analyse des réseaux sociaux (34%), le CRM (32%) et la gestion des contenus réseaux sociaux (31%).

. En matière de gestion des collections et des archives, les chiffres de l’utilisation actuelle et prévue des nouveaux outils sont comparables. La raison de cette stabilité est sans doute que les musées utilisent déjà largement des outils technologiquement améliorés dans ce domaine de leur fonctionnement. Mais il y a cependant une augmentation significative de l’utilisation prévue d’outils numériques pour la planification et/ou le commissariat d’exposition.

. En matière de comptabilité et de ventes, les outils les plus utilisés en 2020 étaient les logiciels de gestion comptable (67%) et de billetterie (55%). Les outils qui suscitent le plus d’intérêt pour une utilisation future sont la billetterie (48%), la réservation en ligne (35%) et le commerce en ligne (32%).

. Conséquence logique du covid-19, le rapport 2021 étudie l’innovation technologique en matière de gestion des flux. Les outils les plus utilisés en 2020 étaient les logiciels de planification des visiteurs (17%), de suivi en temps réel (17%) et de contrôle d’accès sans contact (15%). Les outils qui suscitent le plus d’intérêt pour une utilisation future sont les logiciels de planification des visiteurs (24%), de suivi en temps réel (22%), de contrôle d’accès sans contact (15%) et d’orientation numérique in situ (17%).

Le triomphe des données A la question « quel type de données sur les visiteurs les musées collectent », 79% des participants à l’enquête ont répondu les taux de fréquentation et 71% les commentaires, commentaires et demandes de renseignements. De plus, 56 % des participants ont mentionné qu’ils recueillaient des informations sur les données démographiques et 55% sur les résultats des ventes et réservations. Les taux de suivi du comportement et de la satisfaction en ligne sont également assez élevés, avec respectivement 47 % et 43 % des institutions.

En revanche, moins d’un quart des institutions interrogées collectent des données sur les parcours des visiteurs et les flux de visites. Enfin, 7 % ont mentionné qu’ils ne collectaient aucun type de données.

Principales données récoltées en 2020:

Que font les institutions de ces données ? 76% des personnes interrogées déclarent utiliser les données à des fins d’analyse historique, afin de comprendre les résultats passés. Moins nombreux encore sont ceux qui collectent des données à des fins prescriptives (17 %) et prédictives (10 %) pour explorer les options possibles et modéliser les résultats futurs. Pour ceux qui utilisent leurs données, la plupart des personnes interrogées déclarent qu’elles sont destinées à améliorer l’expérience des visiteurs (72 %) et à optimiser les opérations (47 %).

Type d’utilisation des données collectées en 2020:

Et l’intelligence artificielle appliquée aux données ? Lorsqu’on a demandé aux participants à l’enquête dans quels domaines de leur fonctionnement institutionnel ils utilisaient l’intelligence artificielle, 49% ont répondu qu’ils ne l’utilisaient pas du tout, 29 % ont indiqué que l’information n’était pas disponible et 4 % n’étaient pas au courant ou ignoraient si elle était utilisé.

Moins de 20 % utilisent l’IA pour plusieurs domaines opérationnels tels que les collections, l’administration et la gestion, l’éducation et les finances.

Utilisation actuelle de l’intelligence artificielle dans l’analyse des données:

De manière générale, le Baromètre de l’innovation des musées confirme que les musées ont fait des progrès notables en matière d’innovation technologique et numérique au cours de l’année 2020.

« Trois à cinq ans d’engagement numérique ont été gagné durant l’année 2020. Le numérique a vraiment élargi les murs de le musée dans beaucoup de domaines. » Franklin Sirmans, Directeur du Pérez Art Museum

Le rapport complète les résultats et l’analyse du sondage par une série de coups de projecteur sur des innovations muséales entreprises en 2020.

Les musées les plus innovants en 2020 Selon Museum Booster, 3 musées ont été exceptionnels en 2020 en termes de transformation numérique.

. Qatar Museums

« Qatar Museums supervise plusieurs musées et de nombreux patrimoines sites au Qatar, parmi lesquels le Musée national, nouvellement ouvert à 2019. L’organisation a subi une transformation physique et une formidable expansion numérique ».

« À présent, l’équipe de l’expérience numérique supervise cinq sections qui se situe dans le numérique : innovation, produits numériques, contenu numérique, production numérique, recherche et analyse. Actuellement, les grands projets sur lesquels l’équipe travaille sont la mise à jour des sites Web, l’intégration e-commerce / sites web, la redéfinition du rôle de l’application du musée après le lancement des sites Web optimisés pour les mobiles et l’évaluation et l’analyse de la présence numérique des musées. En termes d’organisation, l’équipe internationale travaille avec des outils de gestion et d’organisation afin de faciliter le travail à travers fuseaux horaires différents. »

. National Museum of New Zealand Te Papa Tongarewa

« En 2015, Te Papa a mis en place une nouvelle stratégie digitale dans le cadre du programme quinquennal de rénovation du musée. Le noyau de la transformation intégrait le numérique dans l’ADN du musée.

Au cours des dernières années, Te Papa a de plus en plus évolué vers un concept du « musée numérique » qui s’est avéré utile en 2020 pour s’assurer que les gens partout et bien au-delà de la Nouvelle-Zélande pourraient bénéficier de l’offre numérique riche et diversifiée du musée. Selon le rapport annuel, en 2020 le musée a réussi à attirer plus de 3 millions de visites sur le site web et le nombre d’objets de la collection accessibles sur le site web a dépassé 855 000, ce qui représente 39 % de la collecte totale ».

. National Gallery Singapore

« Ouvert en 2015, la National Gallery de Singapour est une institution dédiée aux arts visuels qui supervise la plus grande collection publique au monde d’Art moderne de Singapour et d’Asie du Sud-Est. Sa mission est d’être un musée d’art tourné vers l’avenir mondialement reconnu avec un approche avant-gardiste de la technologie. Sur la base de la stratégie numérique définie en coopération avec le service informatique et le Digital Advisory Board, le musée s’efforce d’atteindre les objectifs suivants : adoption de nouvelles technologies et d’initiatives numériques qui améliore l’expérience des visiteurs ainsi que la productivité, pour assurer à la National Gallery de garder une longueur d’avance en termes de technologie avancées; développement stratégique et mise en œuvre du schéma directeur informatique et de la stratégie digitale, partenariats stratégiques, identifier, surveiller et traiter les risques liés à la stratégie informatique et numérique globale, et à l’évaluation continue des choix techniques et planification.

À l’automne 2020, le musée s’est associé à Mullen Lowe pour développer un écosystème numérique innovant, pour optimiser la solutions numériques et améliorer considérablement l’expérience des visiteurs. Au cœur de l’écosystème se trouve #GalleryAnywhere, une portail de recherche de collections qui permet à quiconque de parcourir et de rechercher les œuvres d’art, la bibliothèque et le contenu d’archives facilement et depuis n’importe quel endroit sur la planète. Enfin et surtout, l’analyse des données joue un rôle crucial dans l’évolution du musée. Le département numérique utilise différents moyens pour évaluer l’efficacité des outils technologiques et d’analyse de données pour mieux comprendre les visiteurs. Un grand défi ainsi qu’une opportunité pour les responsables numériques aujourd’hui est de se tenir au courant des dernières technologie mais de rester vigilant pour discerner le bon du mauvais, parmi la pléthore toujours croissante de technologies disponibles et ainsi d’assurer un investissement de qualité dans l’institution. »

Des projets coups de cœur En matière de marketing, le rapport salue 4 campagnes originales sur les réseaux sociaux.

. le succès phénoménal sur Tiktok du Black Country Living Museum

« Quand la responsable de la communication Abby Bird a ouvert le compte TikTok de son musée en août 2020, elle ne s’attendait pas à ce qu’il devienne le compte de musée le plus suivi sur la plateforme à la fin de l’année.

À ce jour, le musée a accumulé plus de 870 000 abonnés, 13 millions de likes et plus de sept millions de vues pour certaines de ses vidéos. Il n’est pas surprenant qu’il ait été nommé l’un des Les 100 meilleurs comptes britanniques de TikTok pour 2020. »

. l’artiste en résidence instagram du Musée d‘Orsay

« Le concept d’artiste en résidence est largement connu dans le monde de l’art, mais ce concept peut-il être adapté aux médias sociaux ? Le Musée d’Orsay nous a montré comment le faire au début de l’année 2020. Le musée s’est associé à l’artiste Jean-Philippe Delhomme pour apporter plus d’attention à de nombreuses œuvres d’art de la collection avec un geste audacieux. Tous les lundis pendant toute l’année, Delhomme a obtenu le contrôle artistique total sur l’Instagram officiel compte du musée pour faire exactement ce qu’il voulait.

En janvier 2021, le musée a annoncé la prolongation du projet jusqu’à la réouverture de ses lieux. Sans aucun doute, les illustrations de Delhomme ont joué leur rôle dans l’augmentation du nombre d’abonnés du compte Instagram du musée d’Orsay, de 800 000 début 2020 à 1,2 million aujourd’hui.«

. Le chef de la sécurité du National Western Heritage and Cowboy Museum Oklahoma devenu star mondiale

« La vie de Tim Tiller, le chef de la sécurité au National Western Heritage and Cowboy Museum en Oklahoma, a pris une tour différent en mars 2020 lorsque la pandémie a frappé. Tout le personnel du musée a dû rester à la maison, seuls les agents de sécurité, jugés essentiels par l’État, pouvaient rester sur place et étaient les seuls interacteurs avec les collections et avec le public. Cela a inspiré le directeur du marketing Seth Spillman de confier le compte Twitter du musée à Tim et cela a eu un énorme succès.

Les 8 000 abonnés du compte Twitter du musée sont devenus un nombre stupéfiant de 300 000 en moins de cinq mois, et l’engagement a augmenté de 385 000 pour cent. #HashtagTheCowboy a été repris par des visiteurs, des célébrités et même Disney sur les réseaux sociaux, aidant cette petite institution à attirer l’attention des médias nationaux à un niveau record rythme. Cela a même abouti à une exposition exclusive du même titre présentant les messages de Tim, l’uniforme du gardien de sécurité et les lettres des fans. Cela a constitué l’un des événements sur les médias sociaux les plus discutés et l’une des principales campagnes de l’année 2020. »

« Nous avons enfreint toutes les règles. Nous n’avons pas répondu [aux followers], nous avons posté des photos minables, nous avons montré des produits dérivés sans poster de lien, nous a pris congé le dimanche. En un mot, nous avons fait « différent », et « différent » est ce qui le rend authentique. » Seth Spillman, responsable marketing du musée

En matière de revenus numériques, le rapport partage 4 idées déployées en 2020.

. Visites virtuelles des espaces fascinants et secrets de Londres – London Transport Museum

« Pendant le confinement, le London Transport Museum a développé une alternative à ses visites guidées les plus vendues à travers les souterrains de le capitale du Royaume-Uni en les déplaçant en ligne. Et ils ont continué à être un grand succès! Ce n’est pas seulement le format, mais aussi le contenu et la valeur ajoutée qui ont joué. Le musée est maintenant capable et heureux de présenter les gares de Londres et d’autres espaces avec un accès extrêmement restreint ou des lieux dans lesquels une visite publique sur place n’avait pas été possible avant. Le musée a réussi à attirer les précédents participants avec autant de succès que d’attirer de nouveaux visiteurs.

Les visites sont conçues pour les individuels et les groupes jusqu’à 50 personnes et se présente sous la forme d’un événement unique diffusé en direct. Les billets sont disponibles en ligne et coûte 20 livres. Les participants découvrent une station ou une zone spécifique à travers des photos, des vidéos et des séquences inédites de la collection accompagnés par des commentaires d’un guide expert qui révèle des faits et des histoires sur les réseau souterrain. Comme les visites sont des événements en direct, les visiteurs peuvent poser des questions lors d’une session spéciale de questions-réponses à la suite de la visite. »

. Les cours en ligne sur l’art – Barnes Foundation

« La Fondation Barnes est très connue pour faciliter l’éducation artistique par les cours qu’elle propose depuis le siècle dernier. Mais le COVID-19 a perturbé l’effort de longue date du institution. En fait, la fondation avait envisagé d’offrir cours en ligne, même avant le début de la pandémie, mais le virus a servi de dernier coup de pouce nécessaire pour effacer les doutes persistants sur la rentabilité et les taux d’engagement.

L’idée a été mise en pratique et un an plus tard, la Fondation Barnes se retrouve à la tête du secteur enseignement en ligne de l’histoire de l’art le plus populaire aux États-Unis. Outre l’énorme succès et les retours positifs des étudiants, les classes virtuelles ont été un franc succès financier. L’établissement a a triplé le nombre d’inscriptions pour ses classes d’éducation générant un chiffre d’affaires sans précédent. Environ un tiers des les revenus de l’éducation des adultes de l’année précédente ont déjà été atteints dans le premier mois suivant le passage à Internet. Globalement, les gains ont atteint plus de 650 000 $ depuis son lancement en mars dernier— plus du double des revenus que les cours en personne avaient générés en 2019.

L’augmentation a été atteinte non seulement dans les revenus, mais également dans la sensibilisation et le nombre d’apprenants, gagnant plus de 2 800 étudiants de 39 États et six pays. Aux côtés des étudiants, les cours en ligne de la Barnes ont également attiré les conservateurs et historiens de l’art internationaux comme contributeurs. Bien que le musée soit à nouveau ouvert, la Fondation Barnes continuer à offrir un volet virtuel à son programme d’éducation artistiques pour les adultes.«

. Les abonnements numériques du Museum of Art & Photography de Bangalore

« L’un des plus grands projets de musée en Inde était sur le point d’ouvrir en 2021, le musée d’art et de photographie situé dans la ville de Bangalore. Bien que la pandémie ait retardé l’ouverture physique du bâtiment du musée, la décision a été prise d’ouvrir le musée au moins virtuellement. Cela a également permis de générer des revenus grâce à l’adhésion en ligne unique spécialement créée.

En tant que musée axé sur le numérique, la mission de MAP Online est de nourrir une communauté pour les arts, de créer un écosystème de soutien et d’offrir des possibilités d’apprentissage pour tous. L’abonnement numérique comprend un accès complet à toutes les expositions en ligne organisées qui sont élargies chaque mois, un accès prioritaire à événements en ligne, un accès complet à la collection en ligne avec fonction de recherche, un accès illimité au contenu original tel que la vidéothèque, le téléchargements illimités des packs DiscoverMAP pour les enfants et autres goodies d’apprentissage numérique. De plus, l’adhésion offre une remise sur toutes les marchandises MAP dans la boutique du musée et, une fois le musée physiquement ouvert, un accès privilégié au musée, événements et café. »

. Les expériences ludiques du Newark Museum of Art

« Comme de nombreux musées, le Newark Museum of Art, situé à New Jersey, États-Unis, a profité de la pandémie pour pivoter vers le numérique, un domaine dans lesquels ils avaient auparavant très peu d’expérience. Le personnel du musée a commencé avec des présentations basées sur des conférences et des évènements en direct en ligne sur Zoom et Facebook.

Mais très vite ils ont trouvé un approche plus ludique pour engager leur public. Le musée a développé un ensemble de formats participatifs. « Art Olympics » sont une compétition qui permet au public de choisir une œuvre d’art qui correspond le mieux à une catégorie présélectionnée et de découvrir une explication en une minute. « Battle of the Cartoonists » est un concours de dessin sur le thème des élections entre trois dessinateurs professionnels et « Art Roast » est le titre d’une soirée, durant laquelle des sketches originaux basés sur les collections du musée sont présentés par des comédiens.

Mais le format le plus engageant a été l’expérience virtuelle « Escape from Ballantine House », un jeu d’évasion immersif basé sur sur une maison historique qui est maintenant une aile du musée. Le jeu invitait les visiteurs à collaborer pour déchiffrer des codes, résoudre des énigmes et trouver des indices pour voler la recette de la bière Ballantine et s’échapper de la maison. Zoom a été choisi comme plate-forme pour héberger le jeu, les smartphones ont été utilisés pour détecter des indices et les visiteurs ont fait équipe dans les salles du jeu.

Avec ces activités, le but du musée était avant tout de créer un espace ludique et une expérience divertissante. L’aspect pédagogique est arrivé en deuxième position. Néanmoins, selon le musée, les jeux avaient tous implicitement une valeur éducative et permettait de promouvoir plus facilement le lieu et ses riches collections ».

Des points de vue d’experts Le rapport donne également la parole à plusieurs experts tels que Catherine Devine, responsable de la stratégie commerciale de Microsoft pour les bibliothèques et les musées.

« Deux leçons clés peuvent être tirées de 2020. Premièrement, les musées peuvent être agiles. A l’approche de projets futurs, n’oubliez pas 2020 et qu’il n’est pas forcément nécessaire de vivre une crise pour être/devenir agile. Et la deuxième question à se poser, qu’est-ce que le musée au-delà de son lieu physique? La pandémie et les confinements n’ont fait que mettre en évidence la nécessité déjà présente dans les institutions culturelles de diversifier les canaux qu’elle occupe ainsi que leurs sources financières. Cela implique d’aller au-delà l’expérience physique, et de penser les expériences numériques au-delà des sites Web. De plus, comme les programmes d’apprentissage tout au long de la vie ont connu une augmentation considérable de leur audience, j’espère que les musées reconnaîtront à leur tour la capacité du numérique à accroître l’accès à la connaissance, au delà des expériences physiques. Nous devons tous être convaincus que les expériences digitales ne sont pas concurrentes avec celles offertes sur place. Enfin, les musées doivent recadrer la technologie et la voir comme un service et un utilitaire, plutôt que comme une pièce maîtresse. »

Pour obtenir une vision dynamique de l’innovation muséale, il est intéressant de lire les rapports Museum Innovation Barometer de 2018 et 2019.

SOURCE: Museum Booster

PHOTOS: Museum Booster

PHOTO du carousel: visuel de l’escape room virtuel du Newark Museum of Art

Date de première publication: 14/09/2021

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