BLOG: Comment Interreg FMA soutient l’ambition de l’Europe pour un secteur touristique durable et compétitif – ChannelManche

Le besoin urgent pour le secteur de s’adapter et de rester résilient a été souligné lors de la réunion des ministres du tourisme du G20 début juillet 2021. La réunion, qui a réuni les ministres du tourisme des pays du G20, a conduit à l’approbation d’un ensemble de lignes directrices pour l’avenir du tourisme. Ces lignes directrices, élaborées en collaboration avec l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), ont souligné la nécessité pour les États de mettre en œuvre des politiques plus durables pour leurs industries touristiques en développant de meilleurs mécanismes pour la transition verte et numérique du secteur du tourisme, ce qui nécessite des investissements et infrastructures publics adéquats.

Durabilité et digitalisation au cœur des politiques touristiques nationales actuelles

Pour la France et le Royaume-Uni, où le secteur du tourisme représente une part importante de l’économie (équivalant respectivement à 7,4% et 9% du PIB), la pandémie de Covid-19 a été un tournant pour la conception de politiques touristiques innovantes et cohérentes avec les engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris. Ces nouvelles stratégies, conçues pour être mises en œuvre en collaboration avec le secteur privé et les autorités locales, sont mises en évidence dans le Plan de relance du tourisme 2021 du gouvernement britannique et dans le Plan de relance par l’État spécifique aux professionnels du tourisme 2020 du gouvernement français. Ces plans partagent des priorités communes autour de l’augmentation de la numérisation et de la réponse à la demande exponentielle de nature tout en continuant à protéger les atouts fragiles du patrimoine naturel et culturel des territoires et en créant des retombées économiques locales durables.

Plus précisément, le gouvernement britannique a souligné la volonté d’exploiter pleinement la technologie numérique pour attirer de nouveaux publics, améliorer l’expérience des visiteurs et proposer une nouvelle offre, mais aussi contribuer à la préservation de son patrimoine culturel, naturel et historique et minimiser les dommages causés à l’environnement. D’autre part, l’objectif des nouvelles mesures de la France est de favoriser l’émergence d’un tourisme plus durable et numérique et d’assurer sa répartition équitable sur le territoire. En France, cela passe par un fonds de tourisme durable de 50 millions d’euros qui couvre les coûts d’investissement du secteur privé pour la transition et le développement de projets de tourisme durable qui participent à la préservation du patrimoine bâti et naturel.

L’Union européenne a démontré son engagement à préserver et à promouvoir le patrimoine culturel de l’Europe ainsi qu’à encourager le développement d’un tourisme plus durable par le biais de programmes ou d’initiatives tels que la Convention européenne du tourisme de 2020 et l’Agenda pour un tourisme européen durable et compétitif de la communication de la Commission Européenne établissant des actions prioritaires pour le secteur. La Convention de 2020 a lancé un dialogue sur les orientations stratégiques du tourisme de demain, notamment la durabilité et la numérisation. Cependant, étant donné que l’élaboration des politiques dans ce domaine relève principalement de la responsabilité des États membres ou des autorités régionales et locales, l’UE ne peut qu’aider et compléter les actions des États membres dans la mise en œuvre d’un tourisme culturel durable. C’est ici qu’entrent en jeu les opportunités de financement européen et notamment Interreg, via le Fonds européen de développement régional (FEDER).

Ces initiatives de financement européennes soutiennent en effet les États membres dans la mise en œuvre de stratégies concrètes, durables et locales sur le terrain qui pourraient autrement rester sous-financées. Cela est fait en impliquant les acteurs locaux pour développer des solutions innovantes et transfrontalières qui garantiront que les résultats profitent à la fois à la population et à l’économie locales, mais aussi au patrimoine culturel et naturel grâce à de bonnes pratiques de conservation.

Développer un tourisme durable et digitalisé dans l’espace Manche grâce aux financements transfrontaliers

Dans l’espace Manche, le programme Interreg France (Manche) Angleterre 2014-2023 financé par le FEDER soutient les visions de l’UE ainsi que les stratégies nationales françaises et britanniques de tourisme durable en finançant des projets transfrontaliers innovants au profit de l’espace Manche et au-delà, car les résultats et les bonnes pratiques seront partagés avec les pays et acteurs voisins.

Dans les régions de la Manche de France et d’Angleterre, les régions côtières et les sites naturels comme les réserves de biosphère et les géoparcs attirent plus de 20 millions de visiteurs par an, nécessitant ainsi une stratégie particulière pour surveiller l’impact des visiteurs sur ces zones sensibles alors que la pandémie de Covid-19 a entraîné une demande croissante de tourisme de nature. Pour répondre à cela, le programme Interreg FCE a financé trois projets transfrontaliers axés sur la fourniture de solutions innovantes pour construire un nouveau modèle de tourisme durable.

Tout d’abord, USAC (UNESCO Sites Across the Channel) un projet de 1,2 million d’euros, développe de nouvelles activités de tourisme durable dans quatre réserves de biosphère ou géoparcs autour de la Manche qui célèbrent et protègent la biodiversité et le paysage. En introduisant de nouvelles expériences, qui incluent des animations autour du patrimoine (festivals artistiques, expositions), des circuits découverte, des randonnées nature, du géocaching, des séjours à la ferme et des activités hors saison, le but est de limiter les effets négatifs du tourisme sur les sites côtiers et sensibles tout en profitant aux communautés et aux économies locales, générant des revenus et créant de nouveaux emplois. Le projet aide également d’autres biosphères à obtenir le statut UNESCO, ce qui est essentiel pour la préservation future des sites et pour garantir que le patrimoine soit priorisé. Ce point à son importance à la lumière des récents rapports qui suggèrent que des sites culturels britanniques, tels que Stonehenge, pourraient perdre leur statut convoité de patrimoine mondial de l’UNESCO.

De plus, le projet BCHT (Bio-Cultural Heritage Tourism) disposant d’un budget de 4,3 millions d’euros, développe une nouvelle façon durable de gérer le tourisme dans quatre réserves de biosphère dans la région de la Manche en surveillant les flux de visiteurs dans les sites environnementaux sensibles. Le projet utilise un outil de planification pour influencer le comportement des visiteurs afin de les attirer dans des zones moins sensibles, tout en aidant les entreprises à créer une gamme de produits et d’activités basés sur le concept de « patrimoine bio-culturel », ce qui profitera à l’économie locale.

En outre, EXPERIENCE, un projet de 23,3 millions d’euros, teste et lance de nouvelles offres hors saison pour prolonger la saison touristique et attirer plus de visiteurs dans six régions d’Angleterre et de France entre les mois d’octobre et de mars à travers l’approche d’un «tourisme expérientiel». Ces initiatives ont pour but de stimuler les économies locales en encourageant les visiteurs à profiter d’expériences, d’hébergements et d’établissements de restauration régionaux, tout en étant respectueuses du milieu naturel et des populations locales. Le projet a déjà lancé des initiatives telles qu’une nouvelle piste cyclable hors route de 230 km dans les Cornouailles. L’ambition est que les revenus générés par ces initiatives soient réinjectés dans l’économie locale et soutiennent la création d’emplois à l’année.

Enfin, le programme Interreg FCE répond également à la demande croissante de transition numérique et technologique dans le secteur culturel, en partie due à la pandémie de Covid-19, en finançant le projet VISTA-AR.

Le projet VISTA-AR d’un budget de 8,3 millions d’euros développe et met en place des expériences et des outils de réalité augmentée (RA) et de réalité virtuelle (VR) pour des attractions touristiques de certains sites du patrimoine culturel en Angleterre et en France, créant ainsi de nouvelles expériences virtuelles telle que l’expérience de chœur virtuel à la cathédrale d’Exeter. L’intention est d’augmenter le nombre de visiteurs et les revenus, tout en améliorant l’expérience des visiteurs, en utilisant des outils permettant aux gestionnaires de sites d’avoir un aperçu de leurs visiteurs. Ces initiatives ont le potentiel de faciliter l’accès et la participation à la culture, tout en réduisant les flux de visiteurs sur place dans les attractions du patrimoine culturel sensibles, ce qui pourrait aider à les préserver et à s’adapter aux nouvelles mesures restrictives de fréquentation de Covid-19. Préparer le tourisme à l’avenir numérique entraînera également la création de nouveaux emplois dans le secteur, car l’installation, l’utilisation et la maintenance de ces dispositifs technologiques nécessiteront un nouveau type de main-d’œuvre, participant ainsi à la croissance économique.

Dans les régions côtières, où le tourisme de masse entraîne de fortes pressions environnementales, ces projets transnationaux financés par le programme Interreg FCE en réduisent les impacts négatifs et protègent les atouts naturels et culturels. Ils contribuent également à dynamiser l’économie locale durable en renforçant l’offre touristique locale et en développant de nouveaux produits, services et activités en collaboration avec les entreprises et les communautés locales. Ces projets fournissent des exemples concrets de la manière dont les objectifs politiques de la France, du Royaume-Uni et de l’UE peuvent être atteints au niveau régional pour favoriser une industrie du tourisme prospère et durable dans toute l’UE et au-delà.

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