Qui est Saint Jérôme, le saint patron des traducteurs et des traductrices? – Actualitté – Marie Lebert

En 380, il traduit en latin la Chronique de l’historien Eusèbe de Césarée, une histoire universelle compilée en grec depuis Abraham jusqu’à l’empereur romain Constantin Ier. Le Chronicum ad annum Abrahae de Jérôme sera complété plus tard par d’autres historiens de l’Antiquité.

En 382, Jérôme est chargé par le pape Damase Ier de travailler à une nouvelle version de la Vetus Latina, la Bible latine traduite du grec alors utilisée par l’Église romaine.

Cette Bible a été traduite de manière un peu disparate par nombre de traducteurs et Damase Ier souhaite une nouvelle version plus conforme aux manuscrits originaux hébreux ou grecs (les manuscrits grecs étant postérieurs aux manuscrits hébreux).

Jérôme décide de traduire l’ Ancien Testament à partir des textes originaux hébreux, plutôt que de réviser la Vetus Latina ou d’utiliser les manuscrits grecs, ce qu’il fait en partie pour le Nouveau Testament.

Il déménage à Jérusalem pour améliorer sa connaissance des Écritures hébraïques, travaille pendant plus de vingt ans et termine en 405 sa nouvelle édition de la Bible, connue plus tard sous le nom de Vulgate.

Avant la Vulgate de Jérôme, toutes les traductions latines de l’ Ancien Testament sont basées sur la Septante — une traduction grecque datée de 270 avant notre ère — et non sur les textes hébreux.

La décision de Jérôme d’utiliser les textes hébreux plutôt que la Septante va à l’encontre de l’avis de la plupart des érudits chrétiens de l’époque, y compris Augustin d’Hippone (connu aussi sous le nom de Saint Augustin) et le pape Grégoire le Grand.

Ceux-ci croient à l’inspiration biblique de la Septante, une doctrine selon laquelle les traducteurs de la Bible sont dirigés ou influencés par Dieu.

Les traductions de Jérôme ne sont « pas mot pour mot mais sens pour sens » (« non verbum e verbo sed sensum de sensu »), comme expliqué dans sa Lettre à Pammachius en 396.

Son ami Pammachius fait partie des nombreuses personnes avec lesquelles Jérôme correspond, tout comme Augustin plus tard.

Jérôme écrit aussi un grand nombre de commentaires sur la Bible jusqu’à sa mort à Bethléem en l’an 420 de notre ère. Ses commentaires et sa correspondance passeront eux aussi à la postérité.

Après avoir suscité la controverse, la Vulgate est largement adoptée au cours des siècles suivants et devient la principale Bible latine au XIIIe siècle. Le Concile de Trente en fait la Bible officielle de l’Église catholique romaine en 1546. La Vulgate restera un texte officiel de la Bible jusqu’en 1979. Elle sert ensuite de base à la Nova Vulgata contemporaine.

De par la quantité, le sérieux et la portée de leurs écrits, Jérôme et Augustin franchissent tous deux les siècles. Ils font partie des Pères de l’Église latine puis ils sont nommés Docteurs de l’Église en 1298 par le pape Boniface VIII.

La Vulgate devient le premier livre imprimé en 1454 sous le nom de Bible de Gutenberg. Elle sert aussi de base à de nouvelles traductions de la Bible, par exemple le Nouveau Testament d’Érasme en 1516.

Consécration finale, Jérôme devient non seulement le saint patron des traductrices et des traducteurs mais aussi le saint patron des archivistes, des bibliothécaires et des encyclopédistes.

Peinture : Joost Van de Hamme, domaine public

Au sein de l’ancienne demeure de Voltaire, dans le parc des Délices de Genève, se trouve le Musée dédié à l’intéressé et à son œuvre. Une partie de la correspondance et des manuscrits de l’incontournable philosophe et encyclopédiste y sont conservés depuis plus d’un demi-siècle, et les archives se retrouvent aussi en ligne.

Appartenant à l’une des collections de la bibliothèque municipale d’Angers, la Bible de Saint-Aubin est le premier volume d’une Bible du XIe siècle, provenant de l’ancienne abbaye Saint-Aubin. En plus de ses dimensions impressionnantes (50 cm de haut sur 37 cm de large), les deux volumes de cet ouvrage pèsent plus de 18 kg chacun. Sa numérisation sera suivie d’une mise en ligne, afin d’être à la disposition non seulement des chercheurs, mais aussi du grand public.

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