«L’offre numérique ne peut remplacer le réel» – GHI

GHI: Les musées suisses ont-ils, eux aussi, mis le paquet sur le virtuel? Katarina Korsunsky: Selon notre enquête, menée au printemps 2021, un bon 60% des musées ont déclaré avoir élargi leur offre en ligne pendant les fermetures officiellement ordonnées. Ce chiffre semble donc être supérieur à celui des institutions culturelles suisses en général (43% selon une étude publiée par l’Oeil du public à l’été 2021).

– Le public a-t-il répondu présent? La majorité des musées ont signalé une augmentation considérable des taux d’accès dans l’intervalle. Face à ce succès, plus de 90% des établissements qui avaient mis en place des activités en ligne souhaitaient au moins les maintenir, voire les développer au moment de l’enquête.

– Un bilan positif donc? Pas pour tous. La plupart des petits musées estiment, eux, que la communauté en ligne était trop petite, que la mise en œuvre était trop coûteuse ou encore que la concurrence avec des offres plus attractives était trop forte.

– Les grandes institutions, elles, sont satisfaites? Une certaine désillusion s’est également installée parmi elles, au plus tard après la deuxième fermeture nationale des musées en décembre 2020. Les données publiées par l’Oeil du public indiquent qu’ils n’ont apparemment pas encore réussi à susciter un intérêt durable pour les expériences virtuelles. Ou, pour le dire autrement: l’offre numérique ne peut évidemment pas remplacer l’expérience authentique dans le musée.

– Alors, on arrête tout? Non, mais il s’agira d’utiliser les outils numériques de manière ciblée. On entre dans une deuxième phase: après l’expérimentation menée depuis l’apparition de la pandémie, nous devons réfléchir stratégiquement aux domaines dans lesquels la numérisation peut être comprise comme un instrument utile. Les musées doivent apprendre les uns des autres. D’où l’organisation de notre congrès annuel sur ce sujet fin août.

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