Le patrimoine non protégé génère 1,2 Mds d’euros d’activité économique – Lagazettedescommunes.com – Hélène Girard

juillet 1996, qui en porte création, la Fondation du patrimoine n’a eu de cesse de promouvoir la cause du patrimoine non protégé par l’Etat et de faciliter sa restauration par la collecte de fonds.Les arguments en faveur de cette action sont certes empiriquement connus depuis longtemps : préservation du patrimoine, création et maintien d’emplois dans les entreprises locales du bâtiment, transmission des métiers d’art, opportunités de médiation culturelle…Pour son vingt-cinquième anniversaire, l’institution a cependant voulu traduire ces arguments en chiffres, en mesurant l’impact socio-économique de son action. A partir d’un fil rouge, celui de l’argent réinjecté dans l’économie, la partie quantitative de l’étude analyse trois types de retombées :directes (fonctionnement de la fondation, montants des travaux réalisés dans le cadre des projets soutenus), soit 321 millions d’euros pour 2019 ;indirectes (achats de biens et services réalisés par les entreprises intervenant sur les chantiers et par la fondation), soit 190 millions ;induites (salaires versés par les entreprises et la fondation et réinjectées dans l’économie, revenus la fréquentation des sites après les travaux, dépenses locales des visiteurs etc.), soit 646 millions.(Source : Fondation du patrimoine)Effet levier pour mobiliser des financements publicsPour l’analyse qualitative, les auteurs du rapport ont interrogé 300 acteurs locaux et donateurs (après la réalisation des travaux), et procédé à sept études de cas. Outre le fait que la fondation en ressort avec l’image d’un « facilitateur de projets collectifs » autour du patrimoine non protégé, les conclusions mettent en lumière :l’engagement citoyen créé par la collecte de dons et l’acte de mécénat ;l’effet « levier » de la « dynamique participative » pour mobiliser des financements publics ;une réappropriation du patrimoine local par les acteurs publics et privés.Outre un plaidoyer pro domo chiffré, la Fondation du patrimoine dispose désormais d’un point de référence pour mesurer à l’avenir l’évolution des effets de son action, s’auto-évaluer et guider sa stratégie. Un outil sans doute précieux à l’heure de la reprise de la vie économique, pour convaincre les élus locaux de porter des projets ou de soutenir les initiatives locales autour du patrimoine non aidé par l’Etat, et pour susciter l’élan populaire et celui des acteurs associatifs et économiques locaux en faveur du patrimoine non protégé.FocusCinq projets distingués en 2021 pour leur impact remarquableDans le cadre de son fonds « Impact » destiné à distinguer des projets remarquables pour leur retombées, la Fondation du patrimoine a sélectionné cinq projets pour 2021, dont les dotations vont de 170 000 à 400 000 euros :l’église de Lamazière-Basse (Corrèze), impact de sécurité (réouverture au public) ;le manoir Saint-Hippolyte du Bout des Prés (Calvados), pour l’impact économique (localisation d’une coopérative agricole) ;le château de Ginestous à Toulouse (Haute-Garonne), pour l’impact social (hébergements d’Emmaus) ;le futur rucher de l’ancien sémaphore de l’île de Groix (Morbihan), pour l’impact environnemental (préservation des abeilles noires, espèce en voie d’extinction) ;la salle du Jeu de Paume à Chinon (Indre-et-Loire), coup de cœur de la Fondation (organisation de tournoi de ce sport).La commune de Lamazière-Basse, propriétaire de l’église, recevra 170 000 euros.

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