Mieux protéger les archives et trésors africains – Actualitté – Hocine Bouhadjera

Le symposium (congrès de spécialistes sur un thème scientifique) a réuni pour l’occasion plus de 260 experts du patrimoine documentaire et spécialistes de la conservation d’Afrique et d’Asie-Pacifique. Cette grande réunion virtuelle s’est découpée entre partages d’expériences sur comment les archives, les bibliothèques et les musées ont fait face à la pandémie de Covid-19, et propositions concrètes pour mieux se préparer aux éventuelles crises futures.

Plus de 60 membres du personnel des archives, des bibliothèques et des musées d’Afrique, sélectionnés par les commissions nationales pour l’UNESCO dans les différents pays, ont également participé à l’atelier centré autour des façons de créer des plans de gestion des urgences, et encore plus concrètement, sur les techniques de récupération des matériaux détériorés par l’humidité.

L’événement de deux jours a également été soutenu par l’Administration des archives nationales de Chine (NAAC), dont des membres ont apporté leur expérience durant les échanges. L’Empire du Milieu qui a pris de plus en plus d’importance sur le continent africain au cours des dernières décennies, détenant par exemple environ la moitié de la dette des pays du continent…

Un événement qui s’est avéré nécessaire : les institutions mémorielles en Afrique ont en effet beaucoup souffert de la pandémie du Covid-19.

La paix, premier facteur de préservation

Selon l’UNESCO, la pandémie a affecté les institutions mémorielles dans toutes les régions africaines, mais dans des proportions différentes. Dans les zones touchées par les conflits, le personnel s’est retrouvé en danger et sans les ressources nécessaires pour poursuivre son travail. Dans son discours d’ouverture lors du symposium, la doyenne de la Faculté des sciences humaines et sociales de l’Université des sciences et technologies de Namibie, Alinah Segobye, a situé la question de la préservation du patrimoine documentaire dans le contexte « de la consolidation de la paix, de la réconciliation et du dépassement des traumatismes intergénérationnels

En revanche, dans des contextes moins contraints, la fermeture temporaire des archives, des bibliothèques et des musées a créé de nouvelles opportunités de collaboration entre les institutions mémorielles africaines, et à travers les continents.

Le symposium a également porté sur l’intégration du cadre de réduction des risques de catastrophe dans la gestion des institutions de mémoire. Pour les participants du congrès, à l’heure du risque accru de catastrophes dans le monde, les institutions de mémoire sont dans l’obligation de préparer des plans d’urgence solides.

Mais également de plaider pour l’inclusion de la préservation du patrimoine documentaire dans le cadre de plans à l’échelle nationale. Beaucoup ont ainsi mis en évidence l’importance de la sensibilisation des agences gouvernementales et des décideurs politiques pour créer des stratégies efficaces à destination des institutions de mémoire.

La réponse numérique, nécessaire mais insuffisante

Les intervenants ont également souligné la nécessité de créer des réseaux via les plateformes numériques pour partager des informations et des ressources. « Nous n’avons pas besoin de créer des propriétés fermées, mais des communautés de réseau pour une gestion efficace des risques de catastrophe du patrimoine culturel », a déclaré Aparna Tandon, Premiers secours et résilience pour le patrimoine culturel en temps de crise (ICCROM).

Des communautés de réseau favorisées par le numérique sont déjà devenues incontournables. En effet, bien que les initiatives numériques ne soient pas la seule réponse à la fermeture des institutions quand les circonstances l’obligent, elles ont permis de nouvelles opportunités de préservation et d’accès au patrimoine documentaire. La création de visites virtuelles, ou l’accès à l’information pour la continuité de la recherche, sont des exemples concrets de cet apport. La participation de ces institutions de mémoire aux alrges campagnes de sensibilisation liées à la pandémie sont également passées par ces nouveaux canaux de communication.

C’est pourquoi les experts présents au congrès, comme ceux de l’UNESCO, se sont retrouvés dans la nécessité de renforcer le financement des initiatives numériques telles que la formation technique des personnels d’institutions mémorielles.

Sensibiliser les communautés locales

Les participants au symposium ont également souligné l’importance de la sensibilisation des communautés locales : les membres de ces communautés sont en effet essentiels aux efforts de réponse à la suite d’une catastrophe. Leur inclusion dans les plans de préparation aux catastrophes s’avère ainsi essentielle.

Durant l’atelier de renforcement des capacités sur la planification d’urgence qui a suivi le congrès, des acteurs africains ont partagé leurs expériences en matière de gestion des catastrophes et de leurs relèvements. Nikki Crowster, membre de l’Association des bibliothèques et de l’information d’Afrique du Sud, a, par exemple, décrit son expérience face au récent incendie de la bibliothèque Jagger à l’Université du Cap.

De son côté, Brandon Oswald, membre du Groupe d’experts pour la gestion des urgences et la préparation aux catastrophes du Conseil international des archives, a animé l’atelier. Il s’est attelé à présenter un guide, étape par étape, pour créer un plan de gestion des catastrophes.

A la suite de ces deux jours, L’UNESCO s’est engagé pour continuer à plaider en faveur d’un investissement accru dans le patrimoine documentaire de l’Afrique. Le programme Mémoire du monde s’appuiera sur les résultats du symposium pour soutenir au mieux les institutions de mémoire sur le terrain, que ce soit dans la protection des archives, des bibliothèques ou des musées africains, qui devront faire face à des potentiels crises futures.

Crédits : UNESCO

Après la publication du rapport de la Commission de recherche sur les archives françaises relatives au Rwanda et au génocide des Tutsi, remis au président de la République en mars dernier, le ministère de la Culture ouvre à l’administration aux citoyens et chercheurs l’accès à tous les documents cités dans ce même rapport.

Deux institutions britanniques conserveront les archives de Stephen Hawking, acquises par le gouvernement et considérées comme des trésors nationaux. Plus de 10.000 pages de divers travaux iront ainsi à la bibliothèque de l’université de Cambridge, quand divers objets, dont les fauteuils du scientifique, seront préservés par les musées scientifiques du pays.

Plusieurs associations travaillant dans les domaines des archives et du patrimoine se félicitent d’une nouvelle proposition législative en matière d’encadrement de l’accès aux archives. L’article 19 du projet de loi relatif à la prévention d’actes de terrorisme et au renseignement, qui vient modifier l’article L213-2 du Code du patrimoine, propose ainsi quelques avancées.

La Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) tiendra du 3 au 6 mai des Journées d’étude sur les Archives judiciaires dans le cadre du centenaire des Archives nationales du Québec. L’événement, gratuit et en ligne, est ouvert à tous. Il réunira près de 30 conférenciers sur une variété de thèmes, comme la justice criminelle, les procès au temps de la Nouvelle-France, ainsi que les défis du numérique et de la révolution technologique.

La crise Covid ayant sapé l’économie, le gouvernement a mis en place le programme France Relance. Ce dernier vise notamment à créer des opportunités pour les jeunes entrant sur le marché du travail. En tout, 100 milliards € autour de trois volets : écologie et économie verte, compétitivité des entreprises et cohésion sociale. Pour le ministère de la Culture, cette perspective se décline en quatre points.

Décidemment, cette pandémie n’épargne personne – pas même le Musée des Studios Ghibli. Suivant l’état d’urgence qui avait été déclaré au Japon, l’établissement avait été dans l’obligation de fermer ses portes – une situation qui s’est traduit par une perte importante de revenus. Aussi, vendredi dernier, une campagne de financement participatif a été lancée au Japon, par la ville de Mikata dans la banlieue de Tokyo.

La Bibliothèque multimédia intercommunale d’Épinal dévoile une fantastique réalisation : la numérisation de l’Évangéliaire pourpre, réalisée en 3D. Cette opération pour L’évangile selon Saint Marc, manuscrit prestigieux, a été financée à 80 % par l’État dans le cadre du programme de « bibliothèque numérique de référence

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