Aider ou pas les médias – echomagazine.ch

Une part importante de cet argent, mis à disposition durant sept ans, irait à la presse papier sous la forme d’un rabais postal: 40 millions pour soutenir la distribution matinale et dominicale, 50 millions pour subventionner celle des quotidiens et des hebdomadaires et 30 millions pour celle de la presse associative et de fondation. Les gratuits ne recevraient rien. Les médias en ligne sur abonnement payant ou financés par des donateurs empocheraient 30 millions; enfin, 28 millions reviendraient à l’agence Keystone – ATS et à d’autres acteurs clés de la branche. Ce dernier volet serait financé par la redevance radio-télévision et les deux autres par la Confédération.

QUI CONTRE L’AIDE?

En juin, 58% du Conseil national et 61% du Conseil des Etats avaient approuvé l’augmentation de l’aide à la presse. Les oppositions et les abstentions provenaient surtout des parlementaires alémaniques et tessinois. Parmi les trois comités soutenant le référendum déposé contre cette loi la semaine passée: des députés, anciens et actuels, très majoritairement de droite (UDC) et alémaniques, dont des journalistes. Comme Roger Köppel, éditeur de la Weltwoche, propriété de la famille Blocher, ou Philipp Gut, son ancien rédacteur en chef. Pour eux, accepter cette loi reviendrait à inféoder les médias à l’Etat.

QUI POUR L’AIDE?

Au Parlement, les Romands ont plébiscité le paquet d’aides (73% au National et 83% aux Etats), qui a fait l’unanimité chez les socialistes et les Verts. Pour contrer le référendum de la droite alémanique, le comité unitaire Liberté d’opinion, porté par la faîtière des éditeurs suisses Schweizer Medien, Médias Suisses et Stampa Svizzera, a lancé la semaine dernière sa campagne en faveur du Oui aux mesures d’aide aux médias.

ET L’ÉCHO MAGAZINE ?

Il fait partie des titres de la presse indépendante qui, plus que les grands groupes médiatiques, essuieront les plâtres si le référendum venait à passer. Raison pour laquelle votre hebdomadaire soutient le camp du oui à l’aide à la presse (voir encart page 13). La votation n’aura lieu que l’an prochain, mais la bataille s’annonce déjà difficile à l’heure où une certaine méfiance guette la profession.

Une perte essentielle Je n’y crois pas: la RTS supprimera l’émission hebdomadaire Faut pas croire fin juin 2022. La nouvelle, annoncée le 8 septembre par les deux sociétés de production Cath-Info et Médias-pro, fait l’effet d’une bombe. Pour les prestataires des Eglises catholique et protestante, cette décision, «dans le contexte actuel de repli identitaire, de défis éthiques majeurs et d’interrogations sur les questions de sens», est «incompréhensible».

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