Retour sur… le chantier de dépoussiérage de la Bibliothèque des Archives nationales

Au cours de l’année 2019, l’OPPIC a réalisé des travaux de ravalement de façade et de changement des huisseries sur les hôtels particuliers du quadrilatère des Archives nationales. L’hôtel de Breteuil, qui abrite la bibliothèque de l’institution et son ensemble mobilier caractéristique d’une bibliothèque d’étude du XIXe siècle (meubles surmontés de lutrins, comptoirs, travées et tablettes en bois, armoires grillagées…) a donc pris la poussière.

S’en est suivi, entre novembre 2020 à février 2021, un chantier de dépoussiérage complet des collections, pour lequel un marché public a été passé, remporté par la société Filigrane.

Coordonné par l’équipe de la Bibliothèque des Archives nationales et celle de la Conservation préventive, ce travail a été préparé en amont, donnant lieu à la rédaction d’un cahier des charges et d’un vademecum des opérations de reconditionnement à réaliser.

Pendant quatre mois, quatre jeunes employés du prestataire ont dépoussiéré chaque tablette et les six faces de chaque livre, posé un lien sergé pour maintenir ensemble certaines parties détachées des ouvrages anciens (plats, dos…), mis en pochettes les livres brochés qui le nécessitaient.

Au total, ce sont 70 776 ouvrages et 2 530 tablettes qui ont ainsi été passés en revue, 487 livres mis sous pochette et 830 liens posés, sans compter les tests de contamination effectués en cas de traces suspectes (moisissures ou mouillures du papier, trous dans les cuirs).

Ce chantier d’envergure a bien entendu réservé quelques surprises, de la tablette défecteuse à la «découverte» inattendue (bouton de manchette, balle de tennis…), tout en permettant de retrouver des égarés et de remettre de l’ordre dans les cotes à la succession facétieuse. Il s’est terminé sur une opération de « bibliothéconomie esthétique », les livres ayant été parfaitement réalignés sur les rayonnages, et retenus par des serre-livres en fin de travée.

Où l’on se rend compte qu’au total, dépoussiérer signifie aussi établir un véritable diagnostic de l’état général de ses collections et de ses locaux.