Une promenade à travers l’Expo Dubaï : connecter les esprits, construire l’avenir – atalayar.com

Le code QR est la norme pour toute information, générale ou relative aux différents pavillons en particulier. L’immersion dans la langue du futur est donc absolue et complète, un environnement idéal pour les jeunes générations et une obligation pour les visiteurs les plus âgés, nostalgiques ou encore accrochés à la presse à imprimer de Güttenberg.

Concurrence avec Shanghai et Hong Kong

Avant d’arriver sur le site de l’Expo, on est frappé par la succession de gratte-ciel qui font de Dubaï et de sa voisine Sharjah une concurrence féroce contre les Chinois de Shanghai et de Hong Kong pour la primauté de ce type de ligne d’horizon, déjà dépassée en nombre par la pionnière, New York. Cela se traduit par des embouteillages gigantesques, avec des centaines de milliers de limousines de luxe et de 4X4 glissant sur les autoroutes à six voies et les avenues adjacentes. Il est donc conseillé de prendre le métro rapide et aérien, dont les stations ont la forme de coquilles de mollusques, en souvenir et en hommage au pays qui, il n’y a pas si longtemps, était composé de pêcheurs de poissons et de perles.

Les Expos, et celle-ci ne fait pas exception, sont un terrain d’expérimentation architecturale. Parcourir les 4,5 kilomètres du site (équivalent à deux fois la taille de la Principauté de Monaco ou à 130 terrains de football) est une promenade à travers la combinaison de bâtiments aux conceptions et matériaux les plus avancés, dans lesquels on tente également de préserver les essences du passé.

Comme toujours, le pavillon du pays hôte est, sinon le meilleur, du moins le plus original. Conçu par l’architecte espagnol Santiago Calatrava, le bâtiment ressemble à un faucon en vol, au moment précis où il bat des ailes vers l’avant. Il met ainsi en valeur l’oiseau de proie qui est l’emblème national. À l’intérieur, une cour centrale recrée les riads typiques, où la température est naturellement réduite jusqu’à quinze degrés par rapport à la chaleur du désert à l’extérieur. En outre, les images de Stéphane Aboudaram font de la visite de ses 15 000 m2 une expérience immersive et multisensorielle.

Les cônes tronqués du pavillon espagnol

Le pavillon espagnol, basé sur des cônes tronqués, conçu par le studio Amann-Cánovas-Maruri, est également surprenant. L’entrée est ouverte, et les visiteurs sont accueillis par un échiquier géant, ponctué de trois autres plateaux où ils peuvent jouer une partie. Les panneaux à l’arrière-plan illustrent soudainement le rôle de l’Espagne dans la diffusion du jeu et de ses applications scientifiques. Un petit voyage historique qui permet aux nombreux écoliers qui viennent à l’exposition de s’identifier aux racines de leur propre histoire et de découvrir les nombreux liens qui les unissent à l’extrémité occidentale de la Méditerranée.

Une sphère étagée illustre aux visiteurs un échantillon des nombreux mots qui ont donné la langue arabe à l’espagnol, un fait dont beaucoup de citoyens arabes et d’hispanophones ne sont pas pleinement conscients lorsqu’ils contemplent cette symbiose linguistique.

Avec la devise générale du pavillon,  » Intelligence for Life « , l’un des cônes étend sa profondeur à travers un grand cylindre au centre duquel brille une immense sculpture  » vivante  » de Canogar, sur laquelle une cascade virtuelle de couleurs intenses se déverse en un mouvement frénétique. Elle cède à son tour la place à une version technico-scientifique animée par une lente recréation de la forêt d’Irati, dans laquelle sont présentées les innovations techniques espagnoles les plus modernes, depuis celles du dessalement de l’eau, fondamental dans toute la région du Golfe, jusqu’à l’hyperloop, le train supersonique à sustentation.

La vidéo de Nacho Vigalondo est également innovante, capable de raconter dans une belle histoire sans paroles et avec une musique pénétrante les changements que l’homme est en train de provoquer dans la nature, tout en reconnaissant sa capacité à s’harmoniser avec elle, conscient qu’il n’a pas d’autre choix s’il veut gagner la bataille pour sa propre survie.

Tradition et modernité alternative dans le pavillon marocain

Le pavillon marocain, conçu par l’architecte Tarik Oualalou, est également surprenant et énorme. Il a utilisé les techniques anciennes des villes marocaines pour offrir une alternative à l’utilisation intensive de l’acier et du béton. La particularité d’avoir utilisé uniquement des matériaux trouvés dans un rayon de cinq kilomètres autour du bâtiment est une leçon dans la recherche de solutions de logement durables.

Le pavillon s’inscrit donc dans le thème général de l’Expo2020 de Dubaï : Connecter les esprits, construire l’avenir. Un horizon qui est également mis en évidence dans ses grands pavillons thématiques, notamment les pavillons de la durabilité et de la mobilité.

Les grandes avenues qui traversent toute l’Expo, tant du nord au sud que de l’est à l’ouest, permettent au visiteur d’entrevoir en peu de temps la grande variété et les contrastes entre les pavillons arborant les drapeaux de 185 pays. Une œuvre gigantesque, d’un coût de 7 000 millions de dollars, destinée à être démantelée à la fin des six mois que durera l’exposition. Il restera pour la postérité le village Expo adjacent qui, à l’image et à la ressemblance des villages olympiques, deviendra un quartier comme un autre à Dubaï. Il y aura également un ou plusieurs pavillons qui seront « graciés », c’est-à-dire ceux qui, en raison de leur valeur architecturale et de leur originalité, méritent d’être sauvés de l’incendie. Le pavillon espagnol pourrait être l’un d’entre eux, étant donné qu’il a déjà été visité à plusieurs reprises par différents membres de la famille royale émiratie, qui ont loué l’originalité de la présentation espagnole. Pour que cela soit possible, il faudrait trouver une finalité et une fonction utiles pour le bâtiment au-delà de la pure exposition. Et, par conséquent, son entretien devrait alors être à la charge de l’Espagne ou du pays hôte.

Quoi qu’il en soit, l’après-Expo est encore loin, plus précisément cinq mois, au cours desquels les organisateurs aspirent à multiplier les 2,35 millions de visites sur place et les 12,8 millions de visites virtuelles avec lesquelles ils ont conclu le premier mois depuis son ouverture. En attendant, visiter l’Expo, c’est aussi découvrir comment on peut gagner de l’espace sur le désert, créer des oasis qui ont vocation à s’inscrire dans le temps et à modifier des milieux inhospitaliers. Tout cela, en gardant à l’esprit que ce processus doit se faire dans le respect de la nature, cette mère qui devient furieuse et dangereusement colérique lorsqu’on abuse de sa patience.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire